mardi, juillet 29, 2008

Dans les vieux papiers de ..."Petits Papiers"


Quand j'ai commencé à m'intéresser aux originaux BD fin 1995, il n'y avait pas vraiment beaucoup de professionnels sur ce domaine. Je crois que Maghen démarrait rue Descartes, et côté ventes aux enchères, Roland Buret officiait dans des ventes surtout consacrées à l'univers d'Hergé.

Très vite, en allant à la défunte "Convention de la BD" qui se tenait chaque année à Paris, j'ai eu l'occasion de tomber sur le stand des bruxellois de Petits Papiers. J'hésite à les nommer "galeristes" car ils ne le sont devenus que tout récemment, je crois qu'il vaut mieux parler d'un duo d'amateurs passionnés, devenus - de fil en aiguille - marchands.
Collectionneurs à la base (vous l'auriez deviné), Alain H. (le grand chatain) et Marc B. (le moyen blond) ont accumulé une quantité incroyable de pièces d'auteurs franco-belges qui remplissent en permanence au moins une vingtaines de lourdes fardes (1). J'imagine qu'en achetant des lots importants aux auteurs eux-même, ils ont pu à la fois assouvir leur passion, compléter leur collection en gardant quelques belles pièces, et financer les acquisitions futures en vendant le reste.

Vers 1999, ils ont commencé à sortir des catalogues papier d'environ 150 pages reprenant une partie de leur "stock". Au rythme d'un catalogue / an à peu près, c'est hallucinant de voir le nombre de pièces qui sont passées par Petits Papiers !
Et encore, pour les très grands noms (Hergé, Franquin, Jacobs, Peyo, Morris, Will,..) , il n'y a pas grand chose dans les catalogues, les transactions de gros montants se faisant plutôt en aparté.
J'ai retrouvé ces catalogues récemment, et en les feuilletant, je me suis amusé à revoir quelques jolies pièces qui me semblent assez recherchées aujourd'hui.

Tiens voilà du Moebius 1997 (toute une série de petits formats faits spécialement pour eux), ainsi que du Manara coquin (pléonasme ?) :


du Gir maintenant, pour "Blueberry" (j'en connais quelques uns qui en recherchent aujourd'hui)



oh... chargées ces doubles pages quand on y trouve Yslaire, De Crécy et Loustal, puis Dupuy-Berberian, Baudoin et Tardi ! Quand il y a 150 pages comme ça, je ne sais pas si vous pouvez imaginer les yeux du collectionneur qui crépitent...



... à propos de Tardi, en voici encore de magnifiques...
Ah, la planche du "Démon des glaces" (déjà prise quand je me suis réveillé)... on croirait voir le givre sur le col des marins du brise-glace. Elles voisinent ici en toute simplicité avec du Rosinski, Comès, et Bilal. Excusez du peu.





Aujourd'hui, Petits Papiers s'est transformé en galerie proposant des expositions régulières.
Je n'y suis pas allé depuis longtemps, mais je pense qu'ils ont eu à coeur de "valoriser" les auteurs proposés en y mettant les formes : vernissage, présentation soignée avec encadrement, éclairage adapté.
En effet, il faut bien avouer qu'avant, il y avait un côté très "bonne franquette" : j'ai eu parfois quelques scrupules à manipuler comme ça des piles de planches de Gotlib, Manara, ou Gir sans protection particulière.

J'aime bien "Petits Papiers", je les trouve connaisseurs, sympathiques, pratiquant des prix plutôt raisonnables même si c'est moins vrai aujourd'hui sur les grands noms.


(1) farde : mot utilisé surtout en Belgique. C'est un gros classeur, sorte de portfolio avec des pochettes en plastiques permettant de présenter (par exemple) des planches originales.

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jeudi, juillet 24, 2008

Le Blog d'Eric souffle sa 3ème bougie


Ce blog vient de fêter ses 3 ans, et également son 300 ème article !

Si le trafic reste modeste, il est à noter dans ces 3 ans qu'il y a eu 2 gros pics ponctuels de fréquentations, avec des journées à quasiment 1000 visiteurs :

1) il y a un an, la notule que le bloggeur-star québécois (mais établi à NYC) Richard Hétu m'a consacré, suite à l'article que j'avais fait sur son travail. D'ailleurs, je recommande toujours le blog d'Hetu pour suivre les élections américaines avec un point de vue pertinent et francophone.

2) l'article d' il y a quelques jours sur l'obsession d'être propriétaire, dont on a parlé sur le forum de la bulle, et même sur le forum d'aufeminin ! Les nombreux commentaires m'ont montré que beaucoup de gens s'intéressaient à ce sujet.

Tout ceci m'encourage à continuer ce petit exercice de style que constitue le blog.
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A Vierville-sur-Mer (vers 1970)




Dans la grande maison de vacances des D.,
face aux plages du Débarquement.

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De l'utilité des longs couloirs dans les appartements


La plupart des gens aiment avoir un logement fonctionnel, avec de larges surfaces utiles sans place perdue. A ce titre, ils fuient en général les longs couloirs. Moi, je les aime !

Là où j'habitais auparavant, j'avais un long couloir où je pouvais faire une exposition permanente de planches originales de bandes dessinées. On le voit sur la photo, j'avais fixé un plafonnier avec des petits spots "basse tension". De temps à autre, je changeais mon exposition...là, on voit du Cabanes, Bilal, Reiser, Griffo, Gibrat et Ted Benoît.

En revanche, dans mon logement actuel, qui est sans doute provisoire, rien de tout cela.
Alors n'exagérons rien, je ne dis pas que ça sera un critère de choix, mais un long couloir ne me déplairait pas dans un futur logement. Un petit "musée personnel"...c'est un vrai plaisir !
Plus le temps passe, et plus je suis persuadé que le plaisir du collectionneur, c'est de partager sa passion, en faire profiter ses visiteurs qu'ils soient eux-même amateurs ou totalement novices.
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jeudi, juillet 17, 2008

Avec Sophie C. (1986)



Rue de l'Armorique, Paris XVème

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dimanche, juillet 13, 2008

De l'obsession d'être propriétaire coûte que coûte


Je suis frappé en ce moment par l'obsession de nos concitoyens à être propriétaire de leur logement coûte que coûte, quel qu'en soit le prix.

Moi, j'ai fait le choix inverse (j'ai vendu mon appartement pour être - pour la première fois de ma vie - locataire à 45 ans), considérant que les prix de l'immobilier à Paris sont aujourd'hui trop décorrélés des fondamentaux économiques.

A travers cette sorte d'obsession, je vois surtout une très forte angoisse de l'avenir dans notre pays. En quelque sorte, être proprio, c'est se dire "même si tout va mal, même si j'ai plus de boulot ou une retraite mince, au moins, on ne pourra pas me mettre dehors de chez moi". En d'autres termes, le moteur principal de la bulle immobilière que nous connaissons actuellement en France, c'est la peur, qui est en général mauvaise conseillère.

Attention, mon objectif n'est pas ici de prôner systématiquement la location par rapport à l'achat ! Je compte d'ailleurs acheter un bien en cas de coup de coeur pour un appartement à un prix que je juge correct.

Mais, ayant moi-même pris dans le visage le krach de 1991 (plusieurs centaines de milliers de francs envolés en 6 ans), je me sens légitime pour faire réfléchir mes jeunes lecteurs : attention, prudence, gardez du bon sens, soyez patients !
Et surtout : ne vous endettez pas sur 25 ou 30 ans pour acquérir un bien médiocre, qui risque de vous mettre très vite en situation de negative equity lors d'une revente forcée. Il n'y a pas de honte à être locataire et d'attendre un peu malgré la terrible pression sociale que vous imposeront parents et proches pour qui le statut de locataire est celui du "loser".

Cet état d'esprit est d'ailleurs très français. Nos amis allemands, par exemple, regarderont l'investissement immobilier avec moins d'affect, c'est-à-dire qu'ils y verront une charge comme une autre, une "valeur d'usage". Tout comme il peut être plus intéressant de louer une voiture ou un DVD, plutôt que de les acheter.

Plusieurs exemples autour de moi m'ont frappé depuis une semaine :

- un collègue qui me raconte que sa soeur vient de s'endetter sur 30 ans (!), avec un des crédits pourris du Crédit Foncier (en faux taux capés : sa mensualité augmentera ainsi que la durée du prêt, l'amenant à payer au final son logement environ 2,5 fois son prix initial).

- une amie de ma douce lui dit qu'elle achète un 2 pièces supplémentaires à 5 km de chez elle, pour régler un problème de sortie d'école pendant 4 ans. A ma remarque "pour 4 ans, il vaut mieux louer", elle répond "ah non ! louer c'est trop cher !"

Il est bien évident que ces deux démarches sont déraisonnables. Elles ne résistent pas à une analyse chiffrée, crayon en main. Ceci dit, les décisions qui engagent toute une vie devraient être les plus calculées, les plus réfléchies. En réalité, c'est tout le contraire : l'immobilier est un marché très psychologique, et à cet égard source de décision parfois irrationnelles.

Je trouve absolument stupéfiant qu'on parte toujours du principe qu'un loyer c'est de l'argent jeté par les fenêtres. Certes, mais a contrario acheter, c'est aussi immobiliser un capital important qui pourrait être placé et rémunéré. Donc, entre payer un loyer, et se priver de la rémunération du capital immobilisé, c'est à peu près équivalent.
De plus acheter, c'est se prendre directement 8% de "frais de notaire" de perte sèche, non récupérable. Donc, ce n'est pas intéressant pour une courte période.
Acheter, enfin, c'est aussi le point de départ d'autres dépenses : taxes foncières, charges de copropriété parfois lourdes. Et des frais auxquels on ne pense pas toujours (ravalement, ascenseur) et qui peuvent grimper, alors qu'un loyer est une charge fixe, raisonnable sur ce plan.

L'illusion de la plus-value éternelle
Bien sûr, quand l'immo est à la hausse, il y a réel espoir de plus-value. C'est ce qui se passe depuis 10 ans. Mais actuellement, on est arrivé en haut de cycle et l'espoir de plus-value est quasi nul pour celui qui achète aujourd'hui. Une moins-value dans quelques années est même très probable.
Aussi, quand le cycle baissier s'amorce, comme maintenant, il peut être plus intéressant de louer pour éventuellement acheter à un prix plus bas en bas de cycle. A condition de pouvoir être patient.

Ceux qui s'intéressent au sujet pourront lire l'intéressant article sur la bulle immobilière actuelle sur Wikipedia, en particulier le passage sur le tunnel de Friggit (duquel on sort dangereusement), ou sur le forum de la bulle dont j'ai déjà parlé.

De manière générale, j'ai remarqué que la plupart des gens ont une culture économique très minime :

1) par exemple, beaucoup de gens croient que l'immobilier monte en permanence. Peu sont au courant des krachs de 1981-1986 (-30%) et 1991-1997 (-40%). Les médias n'en parlent jamais.
Les lobbies haussiers (FNAIM) qui fournissent leurs données aux journalistes font partir leurs chiffres de 1997, n'exhibant ainsi que des hausses ! La plupart des journalistes n'y connaissent rien, et se contentent de copier-coller. Du coup, ne voyant que les 10 dernières années, les non-initiés pensent qu'il faut encore se dépêcher de prendre en marche le train de la hausse perpétuelle.
L'immobilier est un marché cyclique, les cycles bas suivant nécessairement les cycles hauts.

2) D'autres parlent d'une pénurie de biens à vendre en France, alors que le stock des biens a vendre n'a jamais été aussi important (plus de 1.220.000 d'annonces sur Seloger, un record !)
Il est vrai par contre que le marché est déséquilibré : la demande est supérieure à l'offre en région parisienne. Il l'a toujours été, même dans les périodes de krachs. En réalité, la demande est là, mais ce qui manque est la demande solvable. Le marché se heurte immanquablement à la solvabilité des ménages, qui n'est pas extensible et est même directement corrélée à la facilité avec laquelle les banques distribuent le crédit.
Or, depuis 10 ans, les banques ont bataillé pour prendre des parts de marché, financer des crédits de plus en plus longs, de plus en plus incertains. Aujourd'hui, la fête est finie et le robinet du crédit se ferme petit à petit sous l'effet de la crise des subprimes.
La vraie pénurie qui reste est donc la pénurie en logements sociaux. La pénurie en logements au prix fort n'existe pas. Le nombre de biens à vendre le prouve.

3) Beaucoup de nos concitoyens n'ont pas conscience du coût réel du crédit. Un jour, quelqu'un m'a dit qu'un crédit à 5% conduisait à payer 5% de plus que la capital emprunté ! Peu de gens maitrisent les tableaux d'amortissement, qui conduisent à rembourser d'abord les intérêts (lourds) et ensuite seulement le capital.
Sur un crédit à 30 ans, on n'a quasiment pas commencé à rembourser le capital au bout de 5 ans !

Bref, l'immobilier est un sujet sur lequel il faut bien s'informer, ce qui n'est pas toujours facile car, du point de vue des professionnels qui en vivent, certaines vérités ne sont pas toujours bonnes à dire. A cet égard, il faut absolument aller plus loin que les croyances populaires.
Une décision immobilière doit s'analyser sereinement. Oui, il est parfois plus intéressant de louer que d'acheter ! Et il faut aussi savoir faire le "dos rond" en attendant des jours meilleurs qui arriveront forcément un jour dans un marché qui est - par essence - cyclique.

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samedi, juillet 12, 2008

Les parisiennes de Kiraz


Visite cet après-midi avec ma douce pour visiter l'expo Kiraz au Musée Carnavalet.
Beaucoup de monde pour voir ces fameuses gouaches des "Parisiennes", et aussi certains dessins de jeunesse moins épurés parus dans la presse égyptienne (pays de naissance d'Edmond Kirazian) pendant la guerre vers 1943-1944. L'évolution du travail de Kiraz entre 1950 et 1970 est saisissant, mais ensuite, il ne change quasiment plus son style.

Si on vient voir l'exposition, c'est avant tout pour se délecter des dessins humoristiques qui ont fait sa marque de fabrique.
Comme par exemple, ce dessin pour Playboy US où, chez le coiffeur, un homme s'écrie "Magnifique !" à la vision du miroir qu'on lui tend (découvrez pourquoi ci-contre).

Ou encore cette scène que j'ai trouvé très subtile d'une jeune femme dans un restaurant gastronomique qui murmure au jeune l'homme qui l'y a invité "Je commence à douter de vos intentions. Si elles étaient sérieuses, vous ne me donneriez pas des goûts de luxe".
Du Grand Art !

L'artiste (84 ans) a fait une brève apparition, mais le temps que j'achète le catalogue pour le faire dédicacer, il était parti.




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lundi, juillet 07, 2008

Johnson vs Cartland


Enfin vu hier, sur Arte, "Jeremiah Johnson", le fameux western écolo de Sydney Pollack.
Plusieurs fois, j'avais entendu parler de ce film, qui a fortement inspiré en BD la série "Jonathan Cartland", de Laurence Harlé avec un dessin de Michel Blanc-Dumont (voir aussi cette page qui résume bien chaque tome).
J'ai retrouvé dans les 2 oeuvres des scènes presque similaires, comme le désir de vengeance faisant suite au massacre de sa chère épouse (vous seriez content, vous ?).
Tant le film que la BD constituent de vibrionnants hommages à la Nature, à la solitude, à l'univers indien.

Amateur du dessin élégant et réaliste de Michel Blanc-Dumont, je considère "Jonathan Cartland" comme son vrai chef d'oeuvre, bien meilleur que le fade "Jeunesse de Blueberry" qu'il a été amené à dessiner depuis quelques années sur d'indigents scénarios.
Blanc-Dumont, passionné de chevaux et éleveur lui-même dans sa propriété, est peut-être celui qui les dessine le mieux.
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mardi, juillet 01, 2008

Topor, qui peut l'encadrer ?


J'ai déjà parlé de mon encadreuse préférée Marie-Laure de Lapérouse (un bail que je n'y suis pas passé), mais parfois, je trouve que mes fidèles professionnels de Bricorama Boulogne ont aussi de bonnes idées !
Ici, j'avais récupéré une superbe mais petite encre de chine de Topor (15 x 18 à vue) sur une sorte de papier kraft fin collé sur un carton jaunasse mais propre.
J'envisageais de faire faire un passe-partout masquant le carton, et je trouvais ça quelconque. Bref, j'étais en panne d'idée.

Mon encadreur du Brico m'a au contraire conseillé de laisser le carton du support, d'en faire une sorte de "double-passe" qui va faire affleurer le passe principal aux limites du carton.
Ainsi, le contraste met en valeur le sujet. De plus, verticalement, je ne centre pas exactement le dessin, le rehaussant un chouia pour éviter une symétrie trop banale.
Autour, une fine baguette noire métallisée NIELSEN.
Je suis vraiment enchanté du résultat !
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dimanche, juin 22, 2008

Septuagénaire protéiforme


Soirée très privée ce vendredi soir, où un hôtel particulier du 16ème arrondissement recevait quelques collectionneurs pour une exposition de 70 dessins inédits de Jean "Moebius" Giraud à l'occasion de ses 70 ans.

J'ai passé un excellent moment avec ma douce, et j'ai retrouvé plusieurs amis dont certains fréquentant la mailing-list que j'ai le plaisir d'administrer.

Je n'ai rien acheté car les prix sont devenus terriblement hauts pour cet auteur génial dont l'imagination ne semble pas avoir de limites.
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samedi, juin 21, 2008

Jeune homme moderne (mai 1985)


A cette époque lointaine, je m'essaie à la peinture abstraite , collant de petits carrés de couleur qui dégringolent sur un fond noir à carreau. Influence de Mondrian ?



Au cours d'un concert d'Everything but the Girl au Limelight de Courtrai (Belgique), Tracey Thorn et Ben Watt reviennent sur scène une fois le rideau tiré pour discuter avec leur public. Tracey Thorn reste selon moi une des plus belles voix de la pop anglaise, un voix à la fois chaude, et empreinte de nostalgie. De ce côté-ci de la Manche, on la connait surtout pour son travail avec Massive Attack, mais j'incite les curieux à jeter une oreille à son "Out of the woods" (2007) dont j'avais déjà parlé.
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mardi, juin 17, 2008

Poisson froid


Article amusant dans Télérama (rien que le titre : "Riche lieu, Drouot"), où Nicolas Delesalle plonge dans la folie de l'Hôtel Drouot. Rien que de classique sur un monde qui a ses rites et son jargon, mais j'ai bien ri en apprenant ce qu'était un "poisson froid". Il faudrait que je demande à mon ami Florian, il doit connaître, lui qui est un vrai passionné des salles de vente.

Parlant d'une rare potiche chinoise qui montera jusqu'à 2 millions d'euros, le Commissaire-priseur D. Ribeyre raconte :
« L'acheteur était un poisson froid. Assis au premier rang, il a laissé les autres enchérir. Au moment où j'allais adjuger, à l'ultime seconde, il m'a fait un discret signe de la tête. Il n'a jamais rien laissé paraître. Un marchand italien ! »
Et le journaliste : "On prend note. Poisson froid. Ne rien laisser paraître. Laisser les autres enchérir. "

Reposant l'article, je l'imagine bien la tête du poisson froid, avec son battement de sourcil final.
Quand je suis en salle, potentiellement intéressé par une pièce, il est un instant où il faut prendre une décision, le numéro se rapprochant.

Un bref moment de fêlure schizophrénique, de doute où mon petit ange me dit "Vas-y, fais-toi plaisir" et mon petit démon l'interrompt en hurlant "Mais non ! Ne dépenses pas tes sous bêtement !".
A moins que ce soit le contraire, que ce soit l'ange qui me supplie d'être raisonnable, le démon personnifiant le collectionneur jamais rassasié.
A ce moment là, l'adrénaline monte, le coeur bat plus fort (comme le jour du premier achat). Je ressemble alors sûrement plus à un coq rougeaud qu'à un poisson froid.

Allez, soyons franc. Depuis novembre 2005 et cette histoire d'enchère involontaire qui m'a complètement traumatisé, ce n'est plus "poisson froid". Je ne peux plus lever la main, j'ai carrément la trouille. C'est carrément "poisson mort".
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Sage parole



"Ceux qui savent ne parlent pas,
ceux qui parlent ne savent pas.
Le sage enseigne par ses actes, non par ses paroles."

Lao Tseu

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mardi, juin 10, 2008

Papa - Lake Tahoe (Californie) - juin 1951


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dimanche, juin 08, 2008

Gastronomie Cantalienne


Soirée hier soir sur une péniche amarrée au pied de la Tour Eiffel en l'honneur des cantaliens de Paris (merci ma douce). Robert B. avait insisté sur notre présence, au milieu de 300 autres convives.
Je ne saurais dire pourquoi, mais pour moi, ce genre de soirée donne toujours lieu à des dialogues un peu surréalistes. Hier, j'étais assis à côté d'un jeune retraité.
Il entame la conversation :
- "Vous connaissez Barbara Streisand ?"
- "Oui, bien sûr", lui dis-je
- "Hé bien figurez-vous qu'elle est venue en Auvergne récemment. Elle a chanté a cappella des chansons, et elle a même chanté des textes auvergnats ! "
Un peu dubitatif, je le regarde. Je me souviens que Barbara Streisand ne se déplace pas facilement, et ses prestations sont hors de prix.
Puis il continue :
- "Quand même, ça doit pas être évident de chanter en auvergnat pour une chanteuse noire..."
- "Mais Barbara Streisand n'est pas noire !" lui retorquais-je
C'est alors que j'ai réalisé qu'il parlait en fait de Barbara Hendricks. Il le reconnut dans un large sourire.
Le reste de la soirée fût plutôt sympa, la moyenne d'age n'était pas vraiment jeune et ce n'est pas la présence du sympathique Pierre Bonte (76 ans aux prunes) qui allait la relever.
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jeudi, juin 05, 2008

Festival médieval d'Hennebont - juillet 2007


Une photo prise l'été dernier au festival médiéval d'Hennebont (Morbihan). Ca, c'est une "gueule", non ?


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Marc Chaubaron, onirique alréen



Quand je suis à Carnac, j'ai déjà dit ici combien j'aimais flâner autour des aquarelles de Converset. Mais quand mes promenades me conduisent non loin, sur le port de Saint-Goustan (Auray), alors c'est vers l'atelier de Marc Chaubaron que mes pas me guident instinctivement.
Depuis le quai Franklin, il faut gravir l'escalier un peu pentu de la rue Saint-René, et on ne peut pas le louper cet atelier-galerie où l'artiste travaille devant son public.
L'illustrateur pourrait être apparenté aux "naïfs", mais je ne suis pas certain qu'il soit si aisé de lui coller une étiquette.

Ses thèmes de prédilection sont nombreux : les chats, les chiens, le cirque, les 2CV, thèmes qu'il décline sur des cartes postales, posters, calendriers, mais on peut aussi acheter les originaux.

Signalons aussi qu'il a connu son heure de gloire dans les années 90 en illustrant la série des sucres Beghin-Say (voir photo ci-contre) qu'on trouvait dans tous les troquets de France.
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Jeune homme libre

S'il vous plait, faites-moi plaisir et prenez 4 minutes pour regarder cette vidéo sur le marché immobilier actuel :



Avec sa grande gueule, Henri-Sébastien Musset assène tranquillement quelques vérités à ses congénères. Il n'y a pas vraiment d'agressivité, mais surtout une très grande indépendance d'esprit.
Quand on est jeune, ce n'est pas si facile d'avoir ses propres idées, de s'éloigner des idées reçues les plus communément propagées par les "sages" : les parents, les médias, les "professionnels",...

Sur le fond, je suis assez d'accord avec lui, et surtout j'aime bien les vrais esprits libres. Ils sont rares.
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mercredi, juin 04, 2008

Une histoire de dingues


Nous sommes depuis quelques jours dans une histoire de dingues qui concerne Alexandre, mon fils de 10 ans qui est scolarisé en CM2.

Si je peux résumer :

- un "copain" mal attentionné lui a ouvert un compte MSN pour qu'il participe au salon MSN de la classe (une douzaine de participants)

- le problème est que mon fils n'accède ni à MSN ni à internet, car on ne le souhaite pas.

- ce "copain" a jugé bon d'ouvrir aussi un blog skyrock, au nom de mon fils, où il se présente comme un dragueur "pervers" (sic) .

- samedi dernier, plusieurs filles de la classe ont reçu sur MSN des bordées d'injures et d'insanités provenant du compte de (soi-disant) mon fils, en fait le copain qui s'amusait.
De toutes façons, samedi dernier, mon fils était avec moi toute la journée, à l'extérieur.

En 2 temps 3 mouvements, la mayonnaise est montée. Des parents se sont plaints à la Directrice de l'école (en profitant pour faire l'amalgame avec d'autres petits incidents où mon fils était là en tort), mais 2 mamans sont allées demander au Principal de leur futur collège que mon fils n'y soit pas accepté !
Ce qu'elles ont obtenues...avec l'accord de la Directrice de son école actuelle, qui est soucieuse de séparer tout ce petit monde. Cela nous oblige carrément à changer de collège l'année prochaine.

De mon côté, j'ai les pires difficultés pour montrer qu'il y a eu une usurpation d'identité. Le coupable ne veut pas se dénoncer. Les preuves s'obtiendraient par un tracage des adresses IP, mais la Police ne veut pas prendre de plainte pour de simples insultes (ne relève pas du pénal) donc on doit se contenter d'une main courante déposé avec les éléments que j'ai réuni sur l'usurpation d'identité.
J'ai quand même réussi à bloquer le compte MSN en changeant le mot de passe (la "question secrète" était facile à deviner). Quant au blog, je ne peux rien faire, mais je vais demander à Skyrock de le supprimer.

Vraiment une histoire de fous, qui concerne des gamins qui n'ont que 10/11 ans, et sur lequel la plupart des adultes ne captent pas tout (amalgame entre boite aux lettres, MSN, et blog).

Ah, l'avenir risque de ne pas être triste !

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mardi, juin 03, 2008



"Il est bon de dire du bien de soi-même...
Ca se répète et on finit par ne plus savoir d'où ça vient".

Marcel Achard

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jeudi, mai 29, 2008

Vos mémoires en 6 mots


Au départ était ce fameux défi lancé à Ernest Hemingway d'écrire une nouvelle en 6 mots seulement. Il avait écrit : "A vendre : chaussures bébé, jamais portées".
Alors, le Smithmag (un webzine US) a surfé sur l'idée que tout le monde a une histoire à raconter (son histoire), et que c'est amusant que d'essayer de la résumer en six mots.
Bien sûr, ce ne peut être que surprenant, elliptique, déroutant.
Touchant, parfois. J'aime bien par exemple "I still make coffee for two" (Zak Nelson) ou "Not quite what I was planning" (Summer Grimes).

Moins "défouloir" que PostSecret (dont j'avais parlé ici en 2005), le site a recueilli des milliers de contributions (en anglais) que les auteurs ont réussi à transformer en un livre-papier qui est devenu un best-seller outre-atlantique.
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samedi, mai 24, 2008

De la nécessité absolue d'une sauvegarde "intelligente"

Soyons clair, en informatique, la chose la plus importante ce sont les sauvegardes.
En d'autre terme, la sécurité de ses données.
Mais avec les flots de données nouvelles que nous avons à gérer (j'en parlais ici) depuis l'explosion des loisirs numériques, ce n'est pas chose facile.

Pourquoi n'est-ce pas facile ?
Parce que si j'achète un disque dur externe pour effectuer mes sauvegardes de manière "bête", je ne m'y retrouverai très vite avec les problèmes suivants :

- j'ai supprimé des fichiers sur mon ordi car ils ne m'intéressent plus. Malheureusement, je les retrouve encore sur ma sauvegarde (place inutilement perdue).

- j'aurai déplacé des fichiers dans un autre répertoire. Lorsque je sauvegarde le nouveau répertoire, je m'aperçois que j'ai donc ces fichiers en doublons sur mon disque externe.

- je passe un temps fou à tout resauvegarder, y compris des choses qui n'ont pas changé. Une sauvegarde "intelligente" devrait ne me sauvegarder que les nouveautés, donc juste synchroniser.

Aussi, j'ai cherché longtemps ce qui pouvait me convenir, et grâce à mon ami Prosper d'Avignon, j'ai trouvé SyncBack qui prend en charge tout cela très facilement. Je lui indique juste, une fois pour toutes, mes scénarios de sauvegardes et leur planification : avec zippages, avec transferts sur d'autres destinations (sur FTP, réseau, clé USB, DD,...). Il est toujours ponctuel, et ne perd rien, et a une version allégée gratuite.
SyncBack est devenu mon ami.
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Abbaye de Cîteaux - 9 mai 2008


Photo prise à Citeaux (lors de cette visite.)
Cette image donne envie de méditer quelques semaines, vous ne trouvez pas ?
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jeudi, mai 22, 2008

Je sais plein de choses sur vous !

Sign by Danasoft - Myspace Layouts and Signs



...et même :

Sign by Danasoft - Myspace Layouts and Signs


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samedi, mai 17, 2008

Le temps : lois & principes


Dans l'album-hommage qui vient de sortir pour les 40 ans de la Rubrique-a-brac de Gotlib, l'écrivain Tonino Benacquista (avec Nicolas Barral au dessin) nous pond 3 pages hilarantes sur "Le temps", comme aurait pu le traiter Gotlib à l'époque : avec un côté pédagogique mais qui part vite sur un mode déjanté.
Avec l'excellente idée de passer en revue les différents principes empiriques qui s'appliquent, notamment dans l'entreprise.

Allez, on récapitule :

- la loi de Parkinson (dont j'ai déjà parlé ici) : plus on a de temps pour faire une chose, plus on en prend sans quel le résultat soit forcément meilleur.

-la loi de Taylor : l'ordre dans lequel nous effectuons des tâches influe directement sur le temps qu'elles nous prennent.

- le principe de Peter : dans une hiérarchie, chaque employé tend à s'élever jusqu'à son niveau d'incompétence. Corollaire direct : un subalterne qui attend une promotion mettra moins de temps à accomplir une tâche qu'un cadre supérieur qui ne gravira plus d'échelons.

- la loi de Pareto : dans une journée, 80% du travail effectif sera abattu en seulement 20% du temps.

- la loi d'Illitch : Au-delà d'un certain seuil, l'activité professionnelle décroit, voire devient négative.

- la loi de Murphy, enfin, qui nous dit qu'une chose prend toujours plus de temps qu'on ne le prévoyait au départ.

Ces lois peuvent d'abord prêter à sourire, mais j'ai fait l'expérience qu'elle étaient très pertinentes.
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Art ou pas Art ?


Depuis les 2 dernières ventes Artcurial, on parle de plus en plus de la bande dessinée comme d'un art contemporain. D'autres maisons de vente comme Millon commencent à courir derrière le phénomène, avec plus ou moins de précipitation, et des estimations fantaisistes (je ne parle pas de la prochaine vente du génial Geluck où les prix paraissent plutôt corrects).

Encore ce jour, un article dans les Echos : "La Bande dessinée en pièce unique"
Avec toujours cette pointe de condescendance d'une journaliste qui n'y connaissait rien il y a encore 3 jours : "Une bonne raison pour les professionnels de penser que la bande dessinée est tout simplement de l'art qui mérite le même sort que la production contemporaine." ou " Le nouveau marché de la BD prend une ampleur inattendue et de nombreux professionnels cherchent désormais à répondre à la demande. L'avenir dira quels talents sont dignes de marquer l'histoire de la bande dessinée, si ce n'est celle de l'art en général."
Ah, toujours cette question : est-ce de l'Art ? Comme si ça n'était pas évident.

Ce qui est plus inquiétant à mon sens, c'est que certains grands noms sont poussés par leur entourage ou leur agent à produire des oeuvres de commande pour le marché. Ces oeuvres récentes sont souvent tape-à-l'oeil, markétées, sans vraie inspiration. Leur prix d'estimation s'aligne pourtant parfois (à tort) sur des pièces mythiques, faites non pas pour être vendues en tant qu'original mais faisant partie intégrante d'une histoire.

Pour moi qui constitue patiemment une collection depuis 1995, ça me fait sourire et en même temps, ça me conforte dans ma certitude que j'ai bien fait d'acheter de belles pièces pendant que les prix étaient encore raisonnables (je raconte ici mon premier achat).
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vendredi, mai 16, 2008


Aujourd'hui, une petite note amusante sous forme de petites annonces. Exceptionnellement, car vous imaginez bien que si je postais toutes les blagues que je reçois, on en finirait pas. ..

Rencontres
- Astronaute recherche femme lunatique.
- Artificier cherche femme canon.
- Sourd rencontrerait sourd pour trouver terrain d'entente.
- Jeune homme désintéressé épouserait jeune fille laide même fortunée.
- Abeille épouserait frelon. Lune de miel assurée.

Emploi
- Metteur en scène cherche nain pour rôle dans court métrage.
- On recherche deux hommes de paille (1 grand, 1 petit) pour tirage au sort.
- Cannibale mélomane cherche travail dans opéra-bouffe.
- Offre bonne place de gardien de vaches. Paiement par traites.
- Inventeur produit amaigrissant cherche grossiste.

Achat - Vente
- Cause fausse alerte, vends cercueil en ébène, jamais servi.
- Chien à vendre : mange n'importe quoi. Adore les enfants.
- A vendre robe de mariée portée une seule fois par erreur.

Services
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Divers
- Homme sans histoires recherche éditeur pour devenir écrivain.
- Souffrant d'insomnies, échangerais matelas de plumes contre sommeil de plomb
- Échangerais voiture de sport endommagée contre chaise roulante en bon état.
- Perdu partie haute d'un dentier. Merfi de le reftituer à fon propriétaire auffitôt que poffible....
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mardi, mai 13, 2008

Notre "nounou" Marie et deux personnes de sa famille - Vieux-Moulin (Oise) 1968


Marie (à gauche) lors d'un été où nous avions loué
à Vieux-Moulin (Oise) en bordure de forêt de Compiègne.

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Visite à l'abbaye de Citeaux


Je ne sais pas vous, mais moi j'ai toujours rêvé de consacrer quelques semaines ou quelques mois hors du monde et des contraintes matérielles modernes.
Bien que peu attiré par la religion, j'ai toujours rêvé de passer un peu de temps dans un monastère. Je le ferai peut-être un jour.

En attendant, j'étais ce week-end vers Beaune avec quelques amis (dans un gîte à Santosse), et j'en ai profité pour aller visiter l'Abbaye de Citeaux, (je donne le lien vers le site, mais la notule wikipedia est exceptionnelle aussi) lieu-fondateur de l'Ordre des Cisterciens, un des seuls monastères en activité à accepter des visites.
La visite était intéressante, pour tout un tas de raisons historiques que vous trouverez sur le site. Ce qui m'a un peu frustré, bien sûr, c'est de ne pouvoir vraiment appréhender la vie des 35 moines qui vivent là. On visite les bâtiments historiques de l'abbaye, mais on ne rentre pas sur le lieu de vie des moines. Ce qui est logique finalement, ils seraient vite regardés comme des singes savants !

Pour étancher ma soif de mieux comprendre cette vie si singulière, je crois que je finirai donc par concrétiser mon projet d'acheter le DVD de Philip Gröning "Le grand silence", sans dialogues ni commentaires, reprenant 6 mois de vie chez les Chartreux.
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samedi, mai 03, 2008

Eurocat 2008 Carnac / La Trinité / Baie de Quiberon


Aujourd'hui, journée en croisière sur le Jules Verne (compagnie Izenah) pour suivre les catamarans de l'Eurocat 2008, en baie de Quiberon. Il s'agit du plus grand rassemblement de catamarans en France, avec des équipages venant parfois de loin (j'ai noté des australiens).

Bonne ambiance avec des commentaires avisés du Président du Yacht Club de Carnac Michel Gillet (il m'a fait penser à Georges Pernoud de l'émission Thalasa, très zen, un petit sourire accroché aux lèvres), et superbe buffet de fruits de mer à bord, qui avait été préparé par les membres de l'Office du Tourisme de Carnac.
Je regrette toujours un peu de ne pas m'y connaitre en navigation. J'ai quand même appris aujourd'hui comment différencier le babord du tribord. Il suffit de retenir le mot "batterie" (ba-tri) . après c'est facile : babord , c'est donc à gauche et tribord à droite. Si tout était aussi simple !

De l'extérieur, le monde de la voile est chaleureux, sans chichis, c'est un monde de passionnés qui aiment aller au bout de leurs limites (un peu comme en montagne). Certes il y a son jargon qu'il faut assimiler, mais il me semble bien que - globalement - c'est un monde "sain".
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lundi, avril 28, 2008

Petit inventaire musical

Cela fait longtemps que j'avais envie d'établir dans ce carnet mon petit panthéon personnel dans un domaine qui m'a sans doute donné les plus grandes joies de ma vie : la musique.
Peu musicien moi-même (un peu de guitare classique, puis gratouillages pratiqué en dilettante), j'en ai par contre beaucoup écouté.

Pourquoi ? Non par nombrilisme, ni par nostalgie, mais plutôt parce que j'ai parfois la faiblesse d'espérer faire le "passeur". Parce qu'il me semble qu'on découvre souvent de nouvelles choses par hasard, ou par associations fortuites. Parce qu'enfin l'oreille, ça s'éduque !
Tout comme pour l'Art, l'oeil s'éduque aussi.
C'est dans cet esprit en tous cas que j'élève mes 2 enfants, et nous écoutons à la maison beaucoup de choses de tous styles et époques.

Vers 1972, à 10 ans, je commence à m'intéresser à la variété française. J'achète "Hit Magazine" ou "Salut Les copains" au grand désespoir de mon père - amateur de classique - qui ne voit dans ces journaux que des fadaises. Il s'agit d'une presse d'ados, un peu le précurseur de la presse people.
L'été, dans notre maison d'Orvillers-Sorel (Oise), le hit-parade RTL présenté par André Torrent me passionne. Chaque soir, le suspense est insoutenable pour savoir qui de Sardou, C. Jérôme, Sheila, Stone & Charden, Joe Dassin ou Mike Brant va être premier. Je n'achète que quelques 45 tours (1 ou 2 par an) car mon argent de poche est très limité. J'ai un faible pour Claude François dont je vivrai la mort comme un drame.
Je persiste aujourd'hui à penser qu'il y a des répertoires qui demeurent remarquables et tout à fait écoutables en 2008 : le Claude précité (pas la période disco tardive, mais des chansons comme "Je viens dîner ce soir" ou "Chanson populaire"), Michel Delpech, Gérard Lenorman ou Alain Chamfort, et bien sûr Johnny (quoiqu'il ait plutôt donné son meilleur par la suite).

En 1977, j'achète mon premier 33 tours au Prisunic de la rue d'Auteuil : une compilation K-Tel d'Elvis Presley, bientôt suivie des 2 doubles-albums compilation des Beatles : le "red" puis le "blue".

Vers 1978/1980, des amis me font découvrir Supertramp (mon premier concert, en 1979, dans la grande halle de la Villette) avec "Crime of the Century" , Jethro Tull avec "Aqualung", Yes et ses longues compositions progressives et structurées, et surtout Genesis qui est un choc considérable.
Je vis donc la fin des années baba-cool (déjà un peu has-been), en complet décalage avec ce qui explose à Londres et ailleurs : le punk-rock.


A cette époque, les deux disques qui me marquent le plus sont "Horses" de Patti Smith (1975) et "Nursery Cryme" de Genesis (1971).





A partir de 1980, influencé par un ami qui est comme moi en math-sup, je découvre la new-wave qui a atteint sa maturité en surfant sur l'énergie un peu destructrice du punk : Joy Division irradié par le suicide de Ian Curtis (chronique très marquante de Michka Assayas dans Rock'n'Folk) qui se mue en un novateur New Order, The Stranglers, Siouxsie & the Banshees, The Cure (les 4 premiers seulement jusqu'à "Pornography"), les néo-punk de The Clash (souvenir d'un concert agité au Bataclan), Depeche Mode, Simple Minds, U2 (jusqu'à "War" uniquement) Echo and the Bunnymen, Bauhaus, Elvis Costello. En France, la vague n'est pas sans écume avec Edith Nylon (lycéens à Janson), Taxi Girl (parisiens aussi) ou Marquis de Sade (rennais).
J'en profite pour élargir ma culture sur les classiques des années 70 comme les Stones, Bowie, Lou Reed, Roxy Music, Pink Floyd, avec un soupçon de hard-rock (surtout AC/DC et Led Zeppelin). Le progressif ne m'intéresse plus guère sauf le plus brillant rejeton de Genesis : la carrière solo de Peter Gabriel.

Mais une autre ouverture se produit vers des labels indépendants anglais comme Rough Trade (grâce à une K7 dont on parle ici offerte par le journal Best) avec The Fall, Orange Juice, le label Cherry Red (qui vend pour 1£ seulement une superbe compil "Pillows & Prayers" que j'ai l'occasion de trouver à Londres) avec Tracey Thorn, Ben Watt, ou encore le label 4AD avec la new-wave éthérée de The Cocteau Twins ou les religio-medievalo Dead Can Dance.
J'écoute Bernard Lenoir sur France Inter, et comble de la branchitude, je me rends parfois au quartier latin dans la boutique "New Rose" pour y dénicher le dernier import du label mancunien Factory, attiré tant par la hype du dernier groupe de la semaine que par l'aspect intriguant des pochettes concoctées par le designer Peter Saville. La presse est importante , elle aussi, et de qualité bien que partiale avec "Rock'n'Folk" et "BEST". Collection que j'ai hélas bazardé lors d'un déménagement.


Dans ces années, les trois disques qui me marquent le plus sont "Closer" de Joy Division (1980), "Seventeen Seconds" de The Cure (1980), et "Treasure" de Cocteau Twins (1984).



Je ne peux que constater qu'aujourd'hui mes cinq disques préférés sont toujours les cinq disques que j'ai cité précédemment.
Aussi, il faut croire que ce qu'on dit parfois est vrai : les goûts se forgent assez précocement.

Bien sûr, j'ai aimé plein de nouveaux artistes plus tard : Björk que j'ai découverte très tôt avec ses Sugarcubes, Radiohead, Elliott Smith, ou chez les frenchies Jean-Louis Murat, Yves Simon ou Bashung. Plus récemment Grand Corps Malade : un vrai grand talent.
Tout comme d'autres horizons ont pu s'ouvrir occasionnellement : les musiques de film par exemple où Bernard Herrmann (Hitchcock), Philip Glass, ou Michael Nyman ont pu m'enchanter.

Mais bon, rien à faire... j'ai toujours plaisir à me repasser mes "vieilleries".
Il va sans dire que j'encourage ceux qui ont eu le courage de me lire à prêter une oreille à ces disques.
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samedi, avril 26, 2008

Démarrage d'un projet de "mémoire familiale"


"Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle"
dit le proverbe chinois.

Très souvent, ma mère ou mes beaux parents (attention, j'ai pas dit que ce sont des vieillards, hein !) me racontent l'histoire d'un objet, d'un meuble, d'une jolie porcelaine ou d'un vieux rouet. D'où ils viennent, par qui ils avaient été apportés, à quelle époque, etc...
Et moi, j'ai un problème : je ne retiens rien !
J'exagère, mais j'ai l'impression de ne pas retenir durablement, et en tous cas d'être incapable de restituer ce type d'informations dans 10 ou 20 ans.

Alors, j'ai pensé à plusieurs solutions :

- écrire tout ce qu'on me dit sur des fiches de bristol.
- comme cela concerne des objets, faire plutôt des photos des objets, et écrire leur histoire au verso.
- ou carrément, acheter un caméscope, qui me permettrait de filmer les gens commentant directement , avec l'avantage que c'est plus vivant, que ça permet l'anecdote, et en plus que c'est moins fatigant pour moi.
J'ai finalement opté hier pour l'achat d'un caméscope (un JVC Everio GZ-MG332 avec 30 Go de disque dur), bien que je m'étais toujours promis de consacrer plutôt mon énergie à faire de la photographie avec mon récent Lumix (la vidéo implique de se lancer dans le montage vidéo, coûteux en temps).

Voilà, j'ai commencé ce soir une dizaine de minutes de "Mémoire familale n° 1" avec ma mère autour de l'histoire de quelques meubles et objets anciens.
Reste à continuer tout cela, mais le gros problème reste le suivant : comment péréniser ce travail ?

Stocker aujourd'hui ces fichiers vidéos sur un ou même 2 ou 3 disques durs, c'est une chose.
Etre sûr que ce travail restera "pour les générations futures" en est une autre.
On touche là un problème beaucoup plus vaste, qui n'a pas fini de se poser depuis l'explosion des loisirs numériques (photos, vidéos), où tout un chacun "produit" des Gigaoctets de données en permanence.
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Penseur moderne


"Prend pas de grandes décisions la nuit,
tu sais jamais ce que ça vaut,
pourtant elle peut être parfois un moment d’extrême lucidité
et c’est souvent la nuit que tu crois détenir la vérité."

Grand Corps Malade
in "La Nuit" (2008)

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mercredi, avril 23, 2008

Avec Prosper d'Avignon - 1986


Rue de l'Armorique, Paris XVème


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