vendredi, décembre 12, 2008

Bosc, maître du dessin d'humour, revit grâce ... à son neveu


Lorsque Sempé parle de ses influences, il cite toujours Bosc et Chaval comme ses deux maîtres.
Aussi, je connaissais le nom de Bosc comme dessinateur humoristique depuis longtemps sans vraiment en savoir plus. Tout juste savais-je que c'était dans les années 50/60 dans Paris-Match (entre autres) un maître de l'humour noir, très noir, voire macabre.
Aussi, lorsque j'ai vu sur eBay apparaitre plusieurs dizaines de dessins de presse dont 9 de Bosc, proposés en "achat immédiat" à prix très doux, j'en ai acquis immédiatement un : celui que vous pourrez voir ci-contre. Il m'a semblé marquant, car l'idée du dessin est terrifiante, dérangeante. Bosc a toujours été obsédé par l'arbre du pendu et s'est d'ailleurs suicidé en 1973.

M'intéressant subitement à Bosc, j'ai vu qu'il y avait sur le web un site très complet consacré à Bosc, animé par son neveu Alain Damman qui consacre beaucoup de son énergie à faire vivre l'oeuvre de Bosc par le biais de diverses expositions itinérantes, ou réeditions de livres.

Contactant Damman, je lui parle de mon achat (je voulais savoir où ce dessin était paru), et du tac-au-tac il me répond : "Merci pour votre mail, vous m'avez devancé, en effet j'allais vous contacter! Les 9 dessins vendus ont été dessinés durant l'été 1952. La signature originale, était J M Bosc, mais les éditeurs de Paris Presse l'ont changé en Bosc. Cette signature elle-même date de la période entre septembre et décembre 1952, mais les personnages ne sont pas les mêmes. Dès le début de 1953, Bosc avait trouvé son personnage et sa signature en angle aigüe, avec laquelle il deviendra connu. Je ne pensais pas que les dessins de cette époque puissent intéresser les collectionneurs, et c'est pourquoi j'ai tardé à les acheter, puis ils ont été vendus." , puis Damman poursuit :
"Ceci est intéressant car à ce jour il me manque encore 1 ou 2 des 49 dessins que Bosc a gardé à la fin de l'été 1952, après en avoir brûlé plus de 200. Voyez la page :
http://www.j-m-bosc.com/jmbosc-scob/jmb.htm

Ainsi donc, j'avais acquis par hasard une rareté : un des tout premiers dessins de BOSC, fait dans une sorte de période d'euphorie créatrice en 1952 lorsqu'il cherchait sa voie au retour d'Indochine.

Mais alors, me direz-vous, d'où sortent ces dessins ?
Aujourd'hui, nous dirions vulgairement qu'ils sont "tombés du camion". En des termes moins pudiques, ils ont été volés puisque non rendus au dessinateur après parution. Mais jusqu'à il y a peu de temps, ce type d'oeuvre n'avait aucune valeur marchande et finissait au mieux au fond d'un placard, au pire à la poubelle.

Comme le rappelle Damman : "Les dessinateurs se faisaient systématiquement voler leurs œuvres par les éditeurs qui pensaient que puisqu'ils avaient payé la publication, ils étaient propriétaires des originaux. C'est aussi ce qui explique que Bosc devait refaire de tête certains dessins qu'on lui commandait, mais qu'il n'avait plus! Ainsi par exemple "le char et la médaille" a été refait 6 fois!"

Alain Damman est gentiment resté en contact avec moi, et m'a fait connaître récemment le très beau livre de Martine Gossieaux (Editeur Buchet-Chastel) : "La passion du dessin d'humour", où un chapitre est consacré à Bosc.
Martine Gossieaux est sans doute la seule galeriste de renom se consacrant au dessin d'humour, elle est par ailleurs la compagne de ... Sempé. Relisez ma première phrase et vous verrez que la boucle est bouclée...
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