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samedi, janvier 23, 2010

Immo : vous avez dit "marché sain" ?


A deux pas de chez moi, un immeuble neuf qui est terminé depuis 4 à 5 mois, une agence immobilière s'est installée au rez-de-chaussée, et propose en vitrine des annonces.

Ici, une annonce concernant un appartement situé justement dans cet immeuble : un 2 pièces de 43 m2 à louer pour 1250 euros par mois. Bien sûr, l'annonce n'a pas bougé depuis 4 mois, cette offre n'ayant pas trouvé preneur.

Voici typiquement le genre de choses que je déteste : ils cherchent un pigeon, il n'y a pas d'autre mot ! Et après, certains professionnels vous soutiendront qu'il n'y a pas de spéculation immobilière en France ...
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mardi, décembre 15, 2009

Immo : une pénurie de logements ?


Un des arguments fréquemment utilisés par les professionnels de l'immobilier pour justifier les prix très élevés de l'immobilier en France est qu'il y aurait une grosse pénurie de logements dans notre pays.
Régulièrement, on nous dit qu'il manquerait 200.000 voire 500.000 logements (?) ce qui expliquerait la hausse vertigineuse des prix.

Or, en jetant un oeil au site de l'IEIF, je tombe sur les statistiques comparant les différents pays européens, et je vois que la France est n° 2 européen du nombre de logements par habitants.
Il n'y a donc aucune pénurie de logements en France !

Je dirais plutôt que la France, de tradition jacobine, reste beaucoup trop centralisée à Paris. Tout le monde continue de s'agglutiner en région parisienne. Les lois de décentralisation de 1982 ont été un bon début, mais aujourd'hui, cette idée de décentraliser administrations et centres de décisions est moins dans l'air du temps. Quel dommage ! Parfois, j'en viens à envier l'Allemagne et ses puissants Länders !
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dimanche, octobre 04, 2009

Immobilier : le 16 ème, une réputation usurpée ?


C'est amusant de voir combien le 16ème arrondissement de Paris traine la réputation d'arrondissement le plus bourgeois de Paris. A priori, il serait donc logique qu'il soit le plus cher en terme de prix de l'immobilier.
Faites le test, et prétendez habiter le 16ème, on vous traitera immédiatement de Crésus, grands bourgeois, trader, ou autres insultes ;-)

Regardez le graphique ci-dessus (ce sont les prix il y a 1 an environ, ils ont baissé d'environ 10% depuis), et vous verrez que le 16ème n'apparaît même plus dans le TOP 5 des arrondissements les plus chers. Il se traîne en 9ème position, soit quasiment en milieu de classement.
Ceci dit, il y a dans cet arrondissement une qualité du bâti indiscutable, avec de beaux immeubles hausmanniens en pierre de taille. Je pense que c'est en quelque sorte - et malgré l'énorme bulle immobilière française - un assez bon rapport qualité-prix par rapport à d'autres arrondissements.
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samedi, septembre 12, 2009

Immo : la situation de Paris intra-muros


Tous les journaux reprennent aujourd'hui les chiffres des notaires qui montrent une forte baisse des prix sur Paris intra-muros, et bien sûr en banlieue.
Et dire que certains de mes amis se fichaient de moi, en disant qu'il était impossible que Paris baisse, car trop de demandes, trop de gens riches etc ... Je me garde de tout triomphalisme, je n'ai pas spécialement d'ego sur ce sujet et ne prétend pas avoir la science infuse.
J'observe simplement que le cycle baissier commencé voilà 18 mois s'accélère comme prévu, et que la théorie des dominos fait son oeuvre , n'épargnant aucun forteresse "imprenable".
Le beau 16ème baisse même de 10 % ! Pour moi, ce n'est qu'un début, la rentrée par le haut dans le tunnel de Friggit nécessite encore une baisse d'au moins 30 %.
Cette baisse se fera t-elle brusquement (2 ans) ou lentement (lent dégonflement d'une dizaine années, qui est le scénario à la japonaise). Nul le peut le dire aujourd'hui.

Je suis toujours frappé combien en France, tout se concentre à Paris. C'est idiot.
Les parisiens snobs font semblant de considérer que, dès qu'on passe le périphérique, c'est moins bien, c'est banlieusard.
En réalité, Paris est une capitale minuscule (11 km de diamètre).
Regardez ce graphique qui compare les surfaces de Paris, Londres, Madrid, Berlin ... c'est édifiant.


C'est pour ça qu'il faut absolument :

1) faire le "Grand Paris" car rien qu'en première couronne, il y a une mosaïque absurde de communes riches et pauvres avec une énormes disparité de moyens. Habitant une commune riche et travaillant dans une commune pauvre, la différence me saute à la figure tous les jours.

2) continuer à décentraliser car les lois Deferre dans les années 80 n'ont pas été assez poursuivies. Il faut qu'il y ait en France 6 ou 7 grosses villes économiquement solides, avec des centre de décisions d'importantes entreprises nationales.

Tout ceci est bien sûr à relativiser, car la France est elle-même un "petit" pays, ne concentrant qu'environ 1% de la population de la planète.
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mardi, septembre 01, 2009

Immo : quelles bonnes affaires ?


Cette semaine, L'Express et Capital ont choisi le même titre : "Immobilier : le retour des bonnes affaires"...
Certes, les prix ont baissé de 5, 10, parfois 15% selon les endroits (après 140% de hausse en 11 ans), mais acheter aujourd'hui, est-ce vraiment une bonne affaire ?

Ce qui manque dans ces journaux, c'est une analyse prospective déconnectée des intérêts financiers des annonceurs. Comme les annonceurs (promoteurs) achètent des pages de pub, il faut toujours faire passer l'idée que c'est le "bon moment pour acheter".

Alors, comment prédire l'évolution des prix ?

- Est-ce par l'évolution des taux de crédit ? Oui et non, je dirais que les variations faibles n'ont qu'un effet marginal. De toutes façons, les banques prêtent moins, et sur de plus courtes durées.
- Est-ce par la loi de l'offre et la demande ? Non, même en période de krach immo (années 90), la demande était très importante, par exemple en région parisienne.
- Est-ce par l'effet "confiance" ? oui, mais il est difficile de le prédire. A certaines périodes, même les gens qui ont les moyens préfèrent attendre.

Il n'y a qu'une vérité, matérialisé par la tendance longue du tunnel de Friggit (j'en ai déjà parlé), c'est que globalement l'effort à faire par les ménages pour acheter un bien ne peut pas devenir insupportable financièrement, et oscille dans un tunnel. C'est juste du bon sens !


Attention, la courbe fait peur, car on voit la sortie violente du tunnel vers 2003/2004 !
Une chose est sûre : les prix reviendront tôt ou tard dans le tunnel, et il n'y a pas besoin de sortir de Polytechnique pour comprendre que la baisse est loin d'être terminée !
Et ceci, quels que soient les arguments qu'on peut vous opposer ("les beaux apparts ne baisseront jamais", "dans mon quartier, il y a énormément de demande" et autres lieux communs)

Finalement, sur ce sujet comme beaucoup d'autres, c'est sur le web qu'on trouve les infos objectives : le forum de la bulle bien sûr, mais aussi sur d'excellents blogs comme celui de Michael Ferrari (lire aussi les commentaires).

Dans la presse (L'express, Le point, NouvelObs, Challenges, Capital), je n'ai jamais vu aucun diagramme de Friggit ! Un journaliste de la presse écrite qui se hasarderait à montrer un Friggit dans un news magazine serait immédiatement viré, car tous les annonceurs exigeraient de retirer leur publicité. Comme toujours, la vérité n'est pas toujours bonne à dire.
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mardi, juin 23, 2009

Immobilier : gros temps en vue


L'article du JDD de ce dimanche est intéressant : l'immobilier avait bien baissé de 10% en 2008 mais on ne le sait que 6 mois après.
C'est normal : le lissage scélérat des chiffres par la FNAIM sur 24 mois (voir ici cette méthode trompeuse) a parfaitement fait illusion. Une nouvelle baisse de 15% est attendue en 2009. Nous verrons bien.

Beaucoup de vendeurs sont dépités par la crise immobilières qu'ils croient passagère, et disent :
"Je ne vais quand même pas brader mon bien"
Sous-entendu : "je fais semblant de faire comme si rien ne s'était passé, en oubliant que j'ai quand même fait une confortable plus-value par rapport à mon prix d'achat"

Cette notion de "brader" est éminemment floue et peu objective. Elle n'est pas vue de la même manière selon qu'il s'agit d'un marché opaque (immo) ou non opaque (Bourse).

- Si vous aviez acheté des actions en Bourse il y a un an, qu'elles ont perdu 50% et que vous deviez vendre, vous direz "J'ai fait une mauvaise affaire, mais je vends au prix du marché".
C'est normal : le marché n'est pas opaque, il est matérialisé par un cours de vente, connu avec certitude à tout moment. Il n'y a pas de négociation possible.

- En revanche, si vous aviez acheté un appartement il y a 2 ans, et que vous deviez vendre, vous allez être furieux de vendre à -10% car vous allez désespérément chercher à retrouver votre prix d'achat. Après tout, c'est le même appartement !

On accepte la moins-value en Bourse par obligation, on ne l'accepte pas en immobilier où elle parait carrément contre-nature.
Il est vrai que depuis la démocratisation de la Bourse via les privatisations (à partir de 1986), les mentalité ont changé : les particuliers eux-même sont devenus très spéculateurs, chacun ou presque veut faire la "culbute".
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vendredi, juin 12, 2009

Mon chateau en Espagne


Audacieux ce dossier de 20 pages dans Libé d'aujourd'hui , une enquête sur l'énorme bulle immobilière que nous connaissons en France et dans certains pays d'Europe, avec de belles illustrations expressionnistes de Lolmede. Bulle portée avant tout par l'inconscience des banques qui se sont livrés à une course à l'échalote durant toutes les années 2000, en distribuant inconsidérément des crédits à long terme ( > 15 ans) à qui en voulait. Elles le regretteront et ont déjà commencé à provisionner en conséquence.

Très drôle d'abord, cet abécédaire qui permet de décrypter le jargon des annonces immobilières :
"A saisir par une offre" : le prix affiché est trop élevé mais le propriétaire ne veut rien entendre. une offre d'achat permettrait à l'agent immobilier d'argumenter
"Dans son jus" : qui n'a pas vu un pinceau depuis les années 70
"Fonctionnel" : aucun charme
"Coin cuisine" : adapté au frigo de Ken et au four de Barbie
"Travaux prévus" : ni votés ni payés
"Ville en pleine expansion" : impôts locaux démentiels pour financer les délires du maire
etc...

On y lit aussi un nième reportage sur Valdeluz, une des énormes cités fantômes en Espagne (pays où il y a 3,5 millions de logements vides), avec ce témoignage effarant qui reflète bien le bourbier dans lequel s'est mis ce jeune couple, certainement poussé par la "pression sociale" (familiale) :

"A la banque tout s'est bien passé. C'est malin d'acheter dans le neuf, avait dit le banquier, pestant contre le Vieux Madrid où il est impossible de se garer.
Ils en avaient pris pour 30 ans, ça les avait fait rire. D'avoir le même âge que leur prêt, à taux variable.
Dans moins de 3 mois, ils quitteraient papa-maman parce que c'est ainsi que ça se passe en Espagne. La location, c'est pour les cons. Alors certes, on attend pour réunir les fonds, mais quand on part c'est pour de bon".


Je vous passe les détails : ils se retrouvent seuls dans un immeuble gigantesque, sans aucune infrastructure autour. Déprime assurée. Bien invendable. Collés pour 30 ans.

Rassurez, vous, on a pas de villes fantômes en France, mais on s'amuse bien aussi. Lu par hasard, un article du Parisien d'hier sur cette femme de 43 ans, à Rouen, qui réalise son rêve de devenir propriétaire d'un appartement de 93 m2 à Rouen pour 660 euros par mois.

Puis, subrepticement, en lisant l'article, on apprend :

- comme elle n'a pas un radis d'avance, et qu'elle était locataire à 500 euros/mois, la mensualité de 660 euros / mois (+ 140 euros de charges) sera trop lourde. "Ma fille aînée va bientôt travailler, donc elle pourra nous aider."

- seule ombre au tableau, le prêt est remboursable sur 35 ans. "Mais ce n'est pas du tout ce à quoi pense la future propriétaire." dit le journaliste.

C'est surréaliste. Le journaliste ne relève pas que ça lui fait finir de rembourser à 80 ans, l'appart étant livrable en 2011 (l'acheteuse aura 45 ans quand elle commencera à rembourser). Les gens sont aveuglés par l'obsession d'être propriétaire à tout prix (voir mon article précédent) sans se poser des questions pourtant essentielles.
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samedi, mai 30, 2009

Immobilier : enfin un graphique objectif dans "Le Monde"


Intéressant ces graphiques du Monde (et l'article sur l'effrondement des volumes de vente) où, pour une fois, on remonte assez dans le temps (1991) pour faire apparaitre le cycle baissier des années 90. En général, les chiffres fournis par les agents immos ne reprennent que les chiffres à partir de 1997 pour ne montrer qu'un cycle haussier, et masquer la baisse.

Interrogez les gens aujourd'hui : vous verrez que certains sont persuadés qu'il faut "profiter" de la baisse actuelle pour acheter. Peu de gens voient qu'on est parti depuis 18 mois sur un cycle baissier qui durera (comme tous les cycles immo) entre 7 et 12 ans à vue de nez.
Comme je l'ai déjà expliqué ici, il faudra un jour ou l'autre revenir aux réalités économiques, et les prix devront revenir dans le tunnel de Friggit, qui implique une baisse d'au moins 35%.

Vous entendrez aussi : "Tôt ou tard, le marché repartira". C'est vrai, car les transactions, achat comme vente, ne peuvent être éternellement reportées.
Mais ce qui repartira, c'est le volume des transactions, mais sur des bases de prix beaucoup plus basses.
Comme quoi, le vocabulaire est ambigu si on ne précise pas duquel des 2 indicateurs principaux du marché immobilier (prix et volume) on parle ! Cette ambiguïté est bien entendu exploitée à dessein par nos chers professionnels de l'immobilier pour qui c'est toujours "le bon moment pour acheter".
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mercredi, mars 25, 2009

Immobilier : la théorie des dominos


S'il est reconnu que les prix de l'immobilier connaissent une baisse certaine actuellement, il m'arrive de rencontrer des gens qui tiennent le discours suivant :

- "Oui, c'est vrai, ça baisse pour les biens avec des défauts parce qu'ils étaient très surestimés, mais les biens parfaits - eux - ne baisseront pas".

ou encore :

- "Oui, c'est vrai, ça va baisser dans beaucoup de coins, mais pas dans "les beaux quartiers" parce que les gens ont de l'argent (variante : dans mon coin, ça ne baissera pas car il y a encore beaucoup de demande non satisfaite)".

Balivernes que tout cela ! Par porosité, ce sont tous les marchés immobiliers qui baisseront même dans les beaux quartiers. On a vu ce que ça a donné lors du krach de 1991-1997 : tout a baissé de la même manière (-40%). Eh non, il n'y a pas de citadelle imprenable ni de biens qui seraient miraculeusement épargnés par la crise.

Sur le forum de la bulle, un intervenant éclairé rappelle la théorie des dominos qui s'applique parfaitement bien au secteur immobilier :

Les gens renâclent à acheter à Pasterribleville. Donc le vendeur de Pasterribleville baisse nettement le prix de son bien. Du coup, la personne qui hésitait à acheter à Moyenville voit qu'à Pasterribleville, il a des biens nettement plus grands et moins cher qu'à Moyenville, et il se dit qu'après tout, avec des travaux, et en choisissant bien, il y a peut-être des opportunités.
Du coup, avec la concurrence de Pasterribleville, les prix baissent à Moyenville car il y a moins d'acheteurs, ce qui attire des habitants de Bienville, qui voient qu'à Moyenville, il y a des biens nettement plus grands et moins cher qu'à Bienville, et ils se disent qu'après tout, avec des travaux, et en choisissant bien, il y a peut-être des opportunités à faire.
Du coup, avec la concurrence de Moyenville, les prix baissent à Bienville car il y a moins d'acheteurs, ce qui attire des habitants de Standingville, qui voient qu'à Bienville, il y a des biens nettement plus grands et moins cher qu'à Standingville, et ils se disent qu'après tout, avec des travaux, et en choisissant bien, il y a peut-être des opportunités à faire.
Et du coup, Standingville baisse. -41% dans le 16ème arrondissement de Paris entre 1991 et 1998.

Certains l'appellent aussi la théorie de l'escargot, avec les différentes states de sa coquille : au milieu le centre-ville jusqu'aux lointaines banlieues.
C'est parfaitement ça ! Les quartiers moyens sont toujours des marchés de report des beaux quartiers. Sinon, il n'y aurait que des beaux quartiers partout ! Et les quartiers moches recueillent les "exclus" des quartiers moyens.

Autre chose maintenant :
en immobilier, raisonner uniquement en terme d'offre et de demande est une erreur. Même en période de krach (années 90), il y a toujours beaucoup de demandes à Paris, par exemple. Ne serait-ce que les gens qui cherchent à s'agrandir un peu !

En fait, il faut raisonner sur 3 critères :
- offre et demande, certes
- financement (cash + capacité à s'endetter, ou si l'on préfère capacité des banques à vous prêter)
- facteur "confiance" car dans les périodes de crise, on préfère attendre d'y voir plus clair même si on a la capacité d'acheter "au prix fort".

C'est malheureux que tout ceci, en France, soit toujours noyé sous l'écran de fumée des lobbies haussiers (agents immos, notaires, banques).
Ah, pour eux, c'est toujours "le bon moment pour acheter".
Vous scieriez, vous, la branche sur laquelle vous êtes assis ?
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dimanche, novembre 16, 2008

Immobilier : de quels prix les médias parlent-ils ?

Lorsque vous voulez savoir le cours d'une action en Bourse, vous pouvez avoir instantanément son cours via Boursorama ou d'autres sources. Et en quelques clics, vous pouvez acheter l'action à un cours qui sera quasiment le cours indiqué.

En immobilier, par contre, il y a un énorme décalage temporel entre les chiffres donnés par les médias, et la réalité du terrain.

Les médias ont 2 principales sources : les notaires et la FNAIM (agents immobiliers).

- Côté notaires, entre promesse de vente et acte d'achat, il se passe 3 mois. Et les chambres de notaires ne communiquent leurs chiffres qu'environ 6 mois après l'acte d'achat (le temps de remonter toutes les données du terrain et de mouliner tout ça). Ceci induit donc déjà un décalage de 9 mois entre une promesse signée sur le terrain et le chiffre rendu public.

- Parallèlement , la FNAIM communique un indice qui ne représente pas la variation mensuelle des prix, mais la variation lissée sur 24 mois ! C'est écrit en tout petit dans leurs lettres : Le pourcentage de variation trimestrielle (resp. annuelle) mesure l’évolution intervenue entre la moyenne des prix mensuels moyens des trois (resp. douze) derniers mois connus et la moyenne des prix mensuels moyens des trois (resp. 12) mois précédents.
C'est un moyen habile (un peu scélérat mais pas malhonnête si l'on comprend la méthode de calcul) de retarder l'annonce de mauvaises nouvelles. Par contre, les médias ne saisissent - en général - pas la nuance, et reprennent le chiffre comme une progression mensuelle, ce qui est faux.

Ces 2 facteurs font que la crise financière que nous connaissons actuellement depuis 1 mois, si elle provoque un effondrement des prix faute d'acheteurs, ne commencera à être visible dans les chiffres officiels qu'à l'été 2009. Un peu long, non ?
La baisse importante qui a été annoncée ce mois-ci n'a donc aucun rapport avec le krach boursier ni avec le credit crunch qui s'en suit. Elle résulte simplement d'une tendance longue de dégonflement de la bulle spéculative que nous connaissons en France depuis que nous sommes sortis violemment du tunnel de Friggit.

Attention, donc, à ce qu'on veut faire dire aux chiffres !
Si des cotes boursières ont une extrême volatilité, il y a beaucoup plus d'inertie sur les variations de l'immobilier où les tendances ne peuvent s'apprécier que sur le moyen terme.
Il est à regretter qu'il n'y ait pas de volonté politique d'imposer un indice qui reprendrait plus rapidement la réalité du terrain sans délais, lissages ou autres subterfuges statistiques.
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vendredi, octobre 24, 2008

Tunnel de Friggit : dangereuse sortie de route


J'ai déjà un peu parlé d'immobilier ici : quelques articles généraux dès 2005 (part 1, 2, 3, 4, 5) puis l'obsession bien française d'être propriétaire à tout prix, les grands mythes, mais je crois que beaucoup de nos concitoyens n'ont pas du tout conscience que nous sommes en France dans une énorme bulle spéculative, la plus grosse qui ait jamais existé dans notre pays.

Savez-vous qui est Jacques Friggit ? C'est un Ingénieur des Ponts et Chaussées reconnu pour ses statistiques sur l'immobilier depuis les années 60. Les principes qu'il expose ne sont pas franco-français : c'est la même chose dans d'autres pays.
Friggit, a observé que les prix des logements étaient reliés à la croissance des revenus des ménages et qu'ils oscillaient avec une marge de 10 % autour d'une tendance longue (tunnel) : en situation normale, comme tout marché cyclique, les prix oscillent à l'intérieur du tunnel. Et à chaque fois que les prix sortent du tunnel, il y a comme une force de rappel qui fait tout rentrer dans l'ordre.

Précisons que ces courbes sont calculées en fonction de l’indice du prix du logement par rapport au revenu disponible par ménage. Pour qu’un marché soit sain, il faut que la solvabilité des acquéreurs soit stable. Ce graphique permet donc de se baser sur la capacité financière des ménages et de mesurer l’effort nécessaire à consentir pour réaliser un achat immobilier.

Que voyons-nous sur les 43 dernières années (l'étude existe depuis 1965) ?

Les prix en France ont été confinés dans le tunnel pendant plus de 37 ans jusqu'en 2002. Une seule exception bien visible sur le graphique : la bulle de 1991 qui a touché surtout Paris/RP et s'est terminée ensuite pour revenir dans le tunnel à partir de 1995 environ.
Durant la période 1998-2001, le marché a évolué dans la limite basse du tunnel de Friggit. Finalement, une croissance explosive des prix s'est produite à partir de 2002, cette fois-ci sur l'ensemble du territoire français. Or, toute sortie de ce tunnel de Friggit par le haut montre le développement d’une bulle immobilière.

Déjà en octobre 2004, Jacques Friggit estimait que « l’évolution récente du prix des logements apparaît historiquement anormale ».
La situation a continué à se détériorer jusqu'à ce jour et la bulle est devenue énorme.
Aujourd'hui, mon sentiment est que l'on reviendra forcément aux fondamentaux des acquéreurs : leurs revenus (stables) et leur capacité à s'endetter (en baisse). Or revenir aux fondamentaux passe par la redescente des prix dans le tunnel de Friggit, ce qui implique une baisse des prix d'au moins 35%.
Comment et quand tout ceci se passera est une autre histoire.
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jeudi, août 28, 2008

Les grands mythes de l'immobilier


Alors que les articles sur un krach immobilier en cours abondent dans la presse ces derniers jours, je voudrais revenir sur les mythes immobiliers, qui sont régulièrement brandis par les professionnels pour essayer de justifier le prix élevé des biens.

La plupart des gens croient dur comme fer en ces mythes, ils y croient tellement qu'ils contribuent eux-même à propager ces croyances comme des évidences. En les analysant, on voit qu'ils ne reposent cependant sur ... pas grand chose.

Et si nous les listions brièvement, comme le ferait un sociologue ?
A cet instant, je tiens à être honnête : je m'inspire ici largement des travaux de Jean-Michel Pouré, fondateur du forum de la bulle, travaux que je vais tenter de synthétiser.

1) le mythe du propriétaire
- Devenir propriétaire est présenté comme un but ultime dans la vie. Cet objectif justifie tous les sacrifices, y compris celui de s'endetter à hauteur de 33% sur 30 ans. Les acheteurs perdent la notion des prix et confondent remboursement mensuel, loyer mensuel et coût total d'acquisition.
- D'autre part, être propriétaire est un signe de reconnaissance sociale. Dans certains cas, l'acheteur perçoit l'achat comme l'appartenance à un groupe social.
- Enfin, la propriété est perçue comme un moyen de faire fortune rapidement. L'immobilier est présenté comme la nouvelle pépite.

2) le mythe du locataire frustré (corollaire du mythe précédent)
Dans l'imaginaire collectif, le locataire est perçu de la manière suivante :
- Le locataire n'aurait pas les moyens d'acheter. Si le locataire loue, c'est qu'il est pauvre. Il en résulte un amalgame entre classe aisée (les propriétaires) et classe moyenne (les locataires).
- La location serait de l'argent jeté par les fenêtres. Le locataire serait donc un gaspilleur dans l'âme. Une sorte de cigale chantant tout l'été, alors que la fourmi travaille à construire un capital.
- Les locataires seraient jaloux des propriétaires.

3) le mythe de la hausse éternelle
D'après la croyance populaire, les prix de l'immobilier ne peuvent pas baisser.
- les prix de l'immobilier progresseraient en continu. Cette croyance justifierait de prendre le train de la hausse avant qu'il ne soit trop tard.
- la pierre serait un valeur refuge. En cas de problème économique, les prix de l'immobilier se maintiendraient.
- la pierre échapperait à tout raisonnement financier. Il y aurait un amour pour la pierre, justifiant les prix hauts. Si les prix montent, c'est que l'attrait pour la pierre augmente.

4) le mythe du TGV, des aéroports, des autoroutes, ...
Selon la croyance populaire, la hausse des prix de l'immobilier, dans certains quartier ou dans certaines villes, s'explique par la présence de moyens de communication.
- Les aéroports attirent les étrangers. Des compagnies low-cost leur permettent de nous envahir à moindre coût.
- La présence du TGV attire des parisiens, qui vivent à proximité des gares et travaillent dans la capitale. Avant, se déplacer en train était plus lent.

5) le mythe des étrangers
Les étrangers sont souvent rendus responsables de la hausse des prix de l'immobilier.
- Les étrangers rachèteraient des quartiers entiers dans les grandes villes. Ils se porteraient acquéreurs de résidences secondaires en province. D'après la croyance populaire, plus de 30% des transactions seraient le fait d'étrangers. En conséquence, les Français ne pourraient plus se loger à bon prix.
- Les compagnies aériennes low-cost (Ryanair) établissant des liaisons quotidiennes avec Londres seraient responsable de l'arrivée en masse d'étrangers, décidés à émigrer sur nos terres. Avant, les étrangers allaient à l'hôtel ou au camping. Désormais, ils achèteraient nos biens immobiliers.
- Les étrangers seraient attirés en France par les prix bas. Les prix seraient plus élevés chez eux, ce qui les pousserait à s'exiler dans notre pays.

6) le mythe du rattrapage européen / parisien
D'après la légende, les prix de l'immobilier en France seraient en retard.
- Par exemple, on cite souvent Paris comme en retard sur les grandes capitales européennes que sont Bruxelles et Berlin. La hausse des prix en France paraît justifié par la nécessité de rattraper les prix de nos plus proches voisins.
- A côté du mythe du rattrapage existe également entre arrondissements populaires et " beaux quartiers " parisiens. Selon ce mythe, les prix dans l'agglomération devraient converger.

7) le mythe des parisiens
les Parisiens sont également responsables de la hausse des prix en province ? Les caractéristiques du mythe, tel qu'il nous parvient, est le suivant :
- Les Parisiens seraient mutés en Province et feraient monter les prix. D'après la croyance populaire, le nombre de mutations serait en forte hausse. Le mythe est présent dans les villes peu touristiques, particulièrement lorsque les Anglais sont absents. Le mythe des parisiens serait alors un mythe de substitution.
- Les Parisiens n'ont pas la même notion de l'argent que les provinciaux. Du coups ils achètent à prix fort ! Sans se soucier des prix locaux, ni négocier.
- Les Parisiens seraient toujours pleins aux as (comme les Anglais d'ailleurs). Ils roulent dans de grosse voitures et arrivent par avion ou en prenant le TGV.

Il y a bien d'autres croyances populaires, comme le mythe des divorcés (les divorces feraient qu'il y a moins de logements disponibles, puisqu'un couple qui se sépare, c'est 2 logements nécessaires), ou le mythe des retraités (les personnes âgées déménageraient en province pour y passer leur retraite, et seraient responsable de la hausse des prix dans ces régions), ou encore le mythe de la "vente en une journée".

Et alors, me direz-vous ?
N'y a-t-il pas un peu de vrai dans tout cela ?
Bien sûr que oui : il y a toujours un peu de vrai dans les croyances populaires. Cependant, une analyse des chiffres permet de démonter largement ces croyances (par exemple, 2% seulement des achats immobiliers en France sont réalisés par des étrangers).

Alors ... ne vous laissez plus embrouiller par les professionnels ! Gardez l'esprit clair, et apprenez à séparer les faits incontestables de toutes ces croyances.
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dimanche, juillet 13, 2008

De l'obsession d'être propriétaire coûte que coûte


Je suis frappé en ce moment par l'obsession de nos concitoyens à être propriétaire de leur logement coûte que coûte, quel qu'en soit le prix.

Moi, j'ai fait le choix inverse (j'ai vendu mon appartement pour être - pour la première fois de ma vie - locataire à 45 ans), considérant que les prix de l'immobilier à Paris sont aujourd'hui trop décorrélés des fondamentaux économiques.

A travers cette sorte d'obsession, je vois surtout une très forte angoisse de l'avenir dans notre pays. En quelque sorte, être proprio, c'est se dire "même si tout va mal, même si j'ai plus de boulot ou une retraite mince, au moins, on ne pourra pas me mettre dehors de chez moi". En d'autres termes, le moteur principal de la bulle immobilière que nous connaissons actuellement en France, c'est la peur, qui est en général mauvaise conseillère.

Attention, mon objectif n'est pas ici de prôner systématiquement la location par rapport à l'achat ! Je compte d'ailleurs acheter un bien en cas de coup de coeur pour un appartement à un prix que je juge correct.

Mais, ayant moi-même pris dans le visage le krach de 1991 (plusieurs centaines de milliers de francs envolés en 6 ans), je me sens légitime pour faire réfléchir mes jeunes lecteurs : attention, prudence, gardez du bon sens, soyez patients !
Et surtout : ne vous endettez pas sur 25 ou 30 ans pour acquérir un bien médiocre, qui risque de vous mettre très vite en situation de negative equity lors d'une revente forcée. Il n'y a pas de honte à être locataire et d'attendre un peu malgré la terrible pression sociale que vous imposeront parents et proches pour qui le statut de locataire est celui du "loser".

Cet état d'esprit est d'ailleurs très français. Nos amis allemands, par exemple, regarderont l'investissement immobilier avec moins d'affect, c'est-à-dire qu'ils y verront une charge comme une autre, une "valeur d'usage". Tout comme il peut être plus intéressant de louer une voiture ou un DVD, plutôt que de les acheter.

Plusieurs exemples autour de moi m'ont frappé depuis une semaine :

- un collègue qui me raconte que sa soeur vient de s'endetter sur 30 ans (!), avec un des crédits pourris du Crédit Foncier (en faux taux capés : sa mensualité augmentera ainsi que la durée du prêt, l'amenant à payer au final son logement environ 2,5 fois son prix initial).

- une amie de ma douce lui dit qu'elle achète un 2 pièces supplémentaires à 5 km de chez elle, pour régler un problème de sortie d'école pendant 4 ans. A ma remarque "pour 4 ans, il vaut mieux louer", elle répond "ah non ! louer c'est trop cher !"

Il est bien évident que ces deux démarches sont déraisonnables. Elles ne résistent pas à une analyse chiffrée, crayon en main. Ceci dit, les décisions qui engagent toute une vie devraient être les plus calculées, les plus réfléchies. En réalité, c'est tout le contraire : l'immobilier est un marché très psychologique, et à cet égard source de décision parfois irrationnelles.

Je trouve absolument stupéfiant qu'on parte toujours du principe qu'un loyer c'est de l'argent jeté par les fenêtres. Certes, mais a contrario acheter, c'est aussi immobiliser un capital important qui pourrait être placé et rémunéré. Donc, entre payer un loyer, et se priver de la rémunération du capital immobilisé, c'est à peu près équivalent.
De plus acheter, c'est se prendre directement 8% de "frais de notaire" de perte sèche, non récupérable. Donc, ce n'est pas intéressant pour une courte période.
Acheter, enfin, c'est aussi le point de départ d'autres dépenses : taxes foncières, charges de copropriété parfois lourdes. Et des frais auxquels on ne pense pas toujours (ravalement, ascenseur) et qui peuvent grimper, alors qu'un loyer est une charge fixe, raisonnable sur ce plan.

L'illusion de la plus-value éternelle
Bien sûr, quand l'immo est à la hausse, il y a réel espoir de plus-value. C'est ce qui se passe depuis 10 ans. Mais actuellement, on est arrivé en haut de cycle et l'espoir de plus-value est quasi nul pour celui qui achète aujourd'hui. Une moins-value dans quelques années est même très probable.
Aussi, quand le cycle baissier s'amorce, comme maintenant, il peut être plus intéressant de louer pour éventuellement acheter à un prix plus bas en bas de cycle. A condition de pouvoir être patient.

Ceux qui s'intéressent au sujet pourront lire l'intéressant article sur la bulle immobilière actuelle sur Wikipedia, en particulier le passage sur le tunnel de Friggit (duquel on sort dangereusement), ou sur le forum de la bulle dont j'ai déjà parlé.

De manière générale, j'ai remarqué que la plupart des gens ont une culture économique très minime :

1) par exemple, beaucoup de gens croient que l'immobilier monte en permanence. Peu sont au courant des krachs de 1981-1986 (-30%) et 1991-1997 (-40%). Les médias n'en parlent jamais.
Les lobbies haussiers (FNAIM) qui fournissent leurs données aux journalistes font partir leurs chiffres de 1997, n'exhibant ainsi que des hausses ! La plupart des journalistes n'y connaissent rien, et se contentent de copier-coller. Du coup, ne voyant que les 10 dernières années, les non-initiés pensent qu'il faut encore se dépêcher de prendre en marche le train de la hausse perpétuelle.
L'immobilier est un marché cyclique, les cycles bas suivant nécessairement les cycles hauts.

2) D'autres parlent d'une pénurie de biens à vendre en France, alors que le stock des biens a vendre n'a jamais été aussi important (plus de 1.220.000 d'annonces sur Seloger, un record !)
Il est vrai par contre que le marché est déséquilibré : la demande est supérieure à l'offre en région parisienne. Il l'a toujours été, même dans les périodes de krachs. En réalité, la demande est là, mais ce qui manque est la demande solvable. Le marché se heurte immanquablement à la solvabilité des ménages, qui n'est pas extensible et est même directement corrélée à la facilité avec laquelle les banques distribuent le crédit.
Or, depuis 10 ans, les banques ont bataillé pour prendre des parts de marché, financer des crédits de plus en plus longs, de plus en plus incertains. Aujourd'hui, la fête est finie et le robinet du crédit se ferme petit à petit sous l'effet de la crise des subprimes.
La vraie pénurie qui reste est donc la pénurie en logements sociaux. La pénurie en logements au prix fort n'existe pas. Le nombre de biens à vendre le prouve.

3) Beaucoup de nos concitoyens n'ont pas conscience du coût réel du crédit. Un jour, quelqu'un m'a dit qu'un crédit à 5% conduisait à payer 5% de plus que la capital emprunté ! Peu de gens maitrisent les tableaux d'amortissement, qui conduisent à rembourser d'abord les intérêts (lourds) et ensuite seulement le capital.
Sur un crédit à 30 ans, on n'a quasiment pas commencé à rembourser le capital au bout de 5 ans !

Bref, l'immobilier est un sujet sur lequel il faut bien s'informer, ce qui n'est pas toujours facile car, du point de vue des professionnels qui en vivent, certaines vérités ne sont pas toujours bonnes à dire. A cet égard, il faut absolument aller plus loin que les croyances populaires.
Une décision immobilière doit s'analyser sereinement. Oui, il est parfois plus intéressant de louer que d'acheter ! Et il faut aussi savoir faire le "dos rond" en attendant des jours meilleurs qui arriveront forcément un jour dans un marché qui est - par essence - cyclique.

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jeudi, juin 05, 2008

Jeune homme libre

S'il vous plait, faites-moi plaisir et prenez 4 minutes pour regarder cette vidéo sur le marché immobilier actuel :



Avec sa grande gueule, Henri-Sébastien Musset assène tranquillement quelques vérités à ses congénères. Il n'y a pas vraiment d'agressivité, mais surtout une très grande indépendance d'esprit.
Quand on est jeune, ce n'est pas si facile d'avoir ses propres idées, de s'éloigner des idées reçues les plus communément propagées par les "sages" : les parents, les médias, les "professionnels",...

Sur le fond, je suis assez d'accord avec lui, et surtout j'aime bien les vrais esprits libres. Ils sont rares.
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mardi, janvier 08, 2008

Principal objectif 2008


Principale bonne résolution 2008 : trouver un appart. pour s'agrandir !
Nous en avons vraiment besoin.
Hélas, ce n'est pas comme le tabac ou le régime, c'est une résolution qui ne dépend pas que de nous (un peu quand même), mais de multiples facteurs. Espérons que Madame Chance saura s'en mêler avec le bon timing...

En attendant, j'apprend toujours beaucoup d'informations sur le forum de la Bulle, dont j'ai été un des premiers participants en mai 2005. Informations parfois orientées par des doux rêveurs ultra-baissiers (il y en a à foison là-bas), mais aussi par des gens réalistes - dont je suis - qui s'interrogent sur la manipulation qu'organisent les lobbies haussiers (agents immo, banques, notaires,...) pour continuer à soutener le marché par des artifices (taux bas côté banques, indices trafiqués ne reflétant pas la mauvaise santé du marché côté FNAIM,...) et trouver en permanence de nouveaux "pigeons" (car pour les primo-accédants, s'endetter sur 30 ans c'est carrément suicidaire).

Je préfère en rester aux faits : en économie, l'immobilier a toujours été un marché cyclique. Qui dit cycle haut dit aussi cycle bas : on l'a vu avec les krachs de 1981 et 1991.
Actuellement, depuis 2 ans, nous sommes apparemment en fin d'un cycle de hausse qui a duré 10 ans. Nous irons donc fatalement vers une période de baisse. Mais quand , et à quel rhythme ?

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dimanche, septembre 24, 2006

Attention, la bulle immo va exploser !

Ca commence à sentir le sapin pour la bulle immo, en ce moment, avec les déclarations de Borloo cette semaine ("Jean-Louis Borloo a affirmé mardi qu'il y aurait une «baisse sensible» des prix de l'immobilier en France d'ici deux ou trois ans, due notamment à l'augmentation de l'offre de logement), les hausses de taux de crédit, l'augmentation du stock des biens non vendus, etc...
Et puis regardez le beau graphique ci-dessus, extrait d'un forum où je viens d'atteindre mon 200ème post.
Le sujet me passionne aussi bien par intérêt personnel que parce que la communication officielle est pour le moins...hum...opaque. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'agit d'un marché qui manque d'"experts" impartiaux.

Tiens, hier soir encore, je parlais lors d'un dîner avec un membre de ma belle famille qui me confiait vouloir faire une acquisition dans une petite ville de province. "C'est hors de prix" me dit-il.
Je lui rétorque :
- "Attention, les prix vont baisser, attend donc les soldes..."
Il me regarde, totalement suffoqué :
- "Tu crois, les prix peuvent baisser ?"
Je reste évasif car ça ne sert à rien de paraître trop affirmatif (et d'ailleurs je peux me tromper) :
- "Mouii...Ca a pas mal chûté en 1981 après l'arrivée de Mitterrand, puis en 1991 avec l'effondrement des marchands de biens + la guerre du Golfe...tu sais, c'est un marché cyclique, les cycles hauts alternent forcément avec des cycles bas, mais bon... je suis pas devin".
De plus en plus suffoqué :
- "Ah bien ça alors ! Lorsque je visite, tout le monde me dit que l'immobilier ne peut pas baisser ! Parfois, ça stagne un peu, mais quand ça repart c'est toujours à la hausse".

Il suffit de regarder le shéma ci-dessus pour comprendre que c'est de l'intox, que 99% de gens gobent malheureusement. Ce qui contribue d'ailleurs à auto-alimenter mécaniquement la hausse, puisque des "gogos" continuent à acheter au prix fort.
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lundi, août 14, 2006

Les arnaques aux "de Robien"

N'avez-vous jamais reçu de coup de fil intempestif de gens qui se prétendent "conseillers en optimisation fiscale" ? Déjà qu'on vous veuille du bien, je trouve toujours ça louche.
Derrière se cachent en général des officines qui veulent vous vendre du "De Robien" c'est à dire un appartement neuf qui donne droit à défiscalisation si on le loue.
Sans trop détailler, voici un exemple de ce que ça peut donner, ainsi que les 11 pièges identifiés par Capital. Sur le forum de la bubulle, beaucoup d'autres fils y sont consacrés, Robien inlouable à mulhouse, inlouable à Perpignan, à Colombes, illusions et déboires, etc...etc...
On peut d'ores et déjà parier que ces abus constitueront un véritable scandale financier dont on reparlera dans les prochaines années.
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jeudi, mai 18, 2006

Immobilier : les fallacieux indices de la FNAIM

Enfin, quelques journalistes (Capital/ Le Figaro) qui semblent ouvrir les yeux, et s'apercevoir que les lobbies haussiers (FNAIM) font croire en lissant les chiffres sur 24 mois que le marché de l'immobilier augmente encore. C'est faux ! Ce ne sont pas les chiffres qui sont faux bien sûr, mais la méthode de calcul de l'indice qui est fallacieuse, ces messieurs sont donc absolument inattaquables.
Cette méthode a pour principal avantage d'éviter - mois après mois - d'employer le mot tabou ("baisse"), et même quand les prix d'un mois sur l'autre sont à la baisse. C'est un véritable scandale, un procédé proche de la manipulation, qui devrait être selon moi attaquable devant les tribunaux.

Voici l'article qui résume bien la situation :

Baromètres, indices et autres indicateurs reflètent-ils la vraie tendance du marché ?
La question de la fiabilité des indices mérite d’être posée au vu du baromètre mensuel Fnaim d’avril, qui livre des chiffres beaucoup plus optimistes, pour les propriétaires, que les autres : la hausse des prix ressort à 2% par rapport à mars dans l’ancien. Dans le même temps, les sites spécialisés de transactions et de publications évoquent plutôt une tendance à la baisse de -0,5%. Et les commentaires n’évoquent pas un simple ralentissement, mais plutôt un début d’effondrement, voire de krach immobilier... La vérité est sans doute que le marché est beaucoup plus fluctuant que la Fnaim veut bien le dire.

Pourquoi cette différence ?
La méthode de calcul de la Fnaim est assez nébuleuse. Ainsi, les ventes Fnaim représentent près de la moitie des transactions en France, mais leur nombre n’est jamais connu contrairement aux chiffres fournis par exemple par les notaires, qui sont, eux, communiqués avec 6 mois de décalage. Et quand la Fnaim fait état d’un rythme de croissance annuelle à 9%, le chiffre est en fait une moyenne des douze derniers mois, comparée à la moyenne des douze derniers mois de l’année précédente. On remonte donc jusqu’à deux années en arrière ! Par ce biais, toute variation brutale du marché est lissée, et il faudrait 9 mois à une véritable baisse des prix pour être décryptée selon cette méthode.

Le danger de l’information unique
Il y a là selon les observateurs un vide statistique que la Fnaim comble médiatiquement. Ses chiffres contribuent à maintenir artificiellement une bonne tenue du marché, qui profite avant tout aux agents immobiliers, mais concourt à une vision largement décalée du marché, qui est préjudiciable pour le particulier en phase de transaction.
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dimanche, mars 19, 2006

Immobilier : Paris, ville de riches ?

M'intéressant beaucoup depuis quelques mois au sujet de l'immobilier, je fréquente quotidiennement le forum de la bulle immobilière, j'en ai déjà parlé au tout début de ce blog. J'y participe d'ailleurs régulièrement, ayant posté une centaine de messages à ce jour.
Ce forum est un espace précieux, tant l'immobilier est un sujet qui fait l'objet d'une désinformation massive, les médias étant totalement noyautés par les très puissant lobbies haussiers (agents immo, notaires,..).
En dehors de ce type d'espace, il n'y a hélas pas de lobby baissier par définition, le seul lobby baissier qui pourrait se mettre en place étant un regroupement général de tous les acquéreurs potentiels qui se diraient tous ensemble "arrêtons notre fuite en avant en s'endettant comme des fous dans des biens qui ne les valent intrinsèquement pas, arrêtons de croire qu'un marché peut augmenter indéfiniment de 15% par an alors que les revenus stagnent" (une douce utopie).
Oh, loin de moi l'idée de me plaindre, je ne suis pas le plus mal loti.

Parmi les milliers de choses que j'y ai apprises, je signale un lien donné par un forumer : une intervention vidéo de l'urbaniste et géographe Jean-Marie Audry sur Paris, lors de l'université de tous les savoirs.
Ca dure assez longtemps (comptez une heure et demi), mais ça vaut le coup de l'écouter pour comprendre plein de choses sur cette ville, aux croisements de la sociologie, de l'urbanisme, de l'économie, de la démographie, de l'aménagement du territoire .
Ce qui me frappe toujours, c'est finalement le fait que Paris soit une toute, toute petite ville, 4 à 10 fois plus petite que Rome, Madrid, Londres, Barcelone, Berlin,...On a parfois tendance à l'oublier.
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mercredi, octobre 19, 2005

Des raisons d'espérer que le capitalisme se calme ?


Délocalisations massives, bulle immobilière, instabilité financière... le capitalisme marche à l'excès. Il roule d'embardée en embardée. Quand rencontrera-t-il le mur ? Le précipice ? Plusieurs livres sont parus cette semaine sur le thème : "Tout cela peut-il durer longtemps ?"
C'est ainsi que commence cet intéressant article de E. Le Boucher dans Le Monde du 15/10.
Parmi toutes les théories développées, je retiens les propos durs de J. Peyrelevade : A tous ceux qui rêvent d'un retour en arrière au "bon vieux temps" des années 1970 et au capitalisme modéré par l'Etat-nation, Peyrelevade dénonce les "illusions de la révolte altermondialiste" : la solution, si solution il y a, doit être recherchée dans le système et non dans une utopie imaginée par "des incompétents".


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