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vendredi, décembre 03, 2010

Harmonieux apparentements

Aujourd'hui, la technologie est (presque) à la porté de tous, et les internautes en profitent pour créer leurs propres contenus, soit ex nihilo, soit en reprenant diverses choses déjà existantes et en les transformant ou même plus simplement en ayant l'idée de les juxtaposer.

J'en veux pour preuve cette vidéo d'images de "The Element of Crime" (1984), le mythique premier film de Lars Von Trier, dont les images jaunâtres s'allient merveilleusement bien - selon moi - avec l'atmosphère étrange de "Lucky" de Radiohead.



Et récemment, j'ai découvert, parce que Philippe Caza l'a posté sur son profil facebook, cet internaute italien qui a eu l'idée de juxtaposer les cases psychédéliques et pointillistes de Caza - meilleure période (1976) - avec le "Saint Tom" de Brian Eno.



Cette vidéo m'a touchée, car j'ai justement acquis il y a quelques mois la planche originale de "Sanguine" que l'on voit abondamment en milieu de vidéo (j'en parlais ici). Il va falloir d'ailleurs que je pense à l'encadrer car, pour l'instant, elle dort au fond d'un carton à dessin, c'est dommage.
Ceci dit, ma douce aura raison quand elle me dira que nous n'avons de toutes façons plus de places sur les murs.
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mercredi, octobre 27, 2010

Monsieur Thanagra


Allez, je vais vous le faire à la manière du Monsieur Mouche de Jean-Luc Coudray...

Monsieur Thanagra a un drôle de nom, et aussi un blog.
Bizarre comme phrase, me direz-vous.
Monsieur Thanagra a une énoooooorme culture graphique. Dans sa mémoire, il stocke des millions d'images et est capable de déceler en un clin d'oeil d'où chaque nouvelle image est issue : influences, hommages, apparentements, rien n'échappe à Monsieur Thanagra.


Par exemple, j'ai adoré l'analyse de l'affiche de Good Morning England" au regard de la pochette d'Abbey Road et des multiples déclinaisons de cette image-culte . Au rayon "hommages", vous trouverez aussi un panorama des BD qui reprennent le visuel de l'Ile des morts (célèbre tableau de Böcklin), ou celui de l'Homme de Vitruve (L. De Vinci).
Une autre rubrique reprend les plagiats (comme tous ceux qui ont été inspirés par la couverture de "La Marque Jaune"), mais j'avoue qu'entre plagiat , hommage, pastiche, clien d'oeil etc... je ne saisis pas toujours la subtile différence. Voilà, ce n'est qu'un tout petit aperçu car on peut passer du temps sur cet excellent site.

Edit Octobre 2010 : tous les liens changés dans ce billet, pour cause de changement d'hébergeur du blog de Monsieur Thanagra. Merci à lui de nous l'avoir signalé.
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vendredi, septembre 17, 2010

Catalogues de ventes aux enchères BD


Allant faire un tour, ce soir, au vernissage de l'exposition GOTLIB (77 ans aux prunes, plutôt fatigué) chez Daniel Maghen, je suis interpellé par un bon ami qui suit mon blog :
- "Eh dis, Eric, c'est pas parce que tu prends une année sabbatique au boulot qu'il faut arrêter de poster" !

Comme j'ai déménagé cet été, je suis encore un peu dans les cartons, et j'envisage de créer une bibliothèque spéciale (une Billy 40) dans ma chambre avec les catalogues de ventes aux enchères BD.
Regardez le gros bac plastique plein comme un oeuf : ça pèse environ 60 kg !
Il y a là tous les catalogues de ventes aux enchères BD de ces 15 dernières années ...
- les plus beaux à mon sens sont les Tajan qui a ensuite migré vers Artcurial (la Maison Tajan essaie en ce moment de relancer leurs propres ventes BD), et récemment les Millon : de luxueux et lourds pavés en papier glacé
- les moins jolis sont ceux de Roland Buret, qui ressemblent de plus en plus à des fanzines ronéotypés.

En discutant avec des amis, nous étions tous d'accord pour dire qu'il est parfois "douloureux" de revoir les anciennes ventes avec les prix atteints. En effet, sur certains auteurs, les prix ont considérablement évolués ... à la hausse.
Ceci dit, en tant qu'amateur de "beaux livres", j'apprécie vraiment de feuilleter ce bel ensemble.
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samedi, septembre 04, 2010

Tardi roule pour ... l'armée !


Ca alors, j'en suis tombé de ma chaise lorsque j'ai vu cette annonce eBay.
Alors comme ça, ce vieil antimilitariste de TARDI, qui a fait des chefs d'oeuvres pour dénoncer la barbarie de la Grande Guerre (je recommande surtout "C'était la guerre des tranchées" qui est un album magnifique et poignant) travaille pour l'Armée de l'Air ?

Oui, lorsqu'il était lui-même sous les drapeaux vers 1970, il fût maquettiste du journal de l'armée de l'Air "BSV" et fit quelques dessins.
Avouez que c'est piquant !
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vendredi, août 13, 2010

Le Club des Pieds Nickelés


Parfois, une passion reste un jardin secret, mais il arrive que l'on souhaite la faire partager en fondant un club, une association. C'est le cas du pontivyen François Coupez qui anima très longtemps (peut-être encore maintenant ?) le Club Des Pieds Nickelés.

En rangeant la maison bretonne, je tombe sur une pile de revue du Club Des Pieds Nickelés datant de 2000/2001, années où je m'étais inscrit au Club, sachant que j'avais aussi acheté quelques numéros d'années antérieures. Ensuite, je n'ai pas renouvelé ma cotisation, certainement par négligence.
Il est vrai que l'histoire du célèbre trio est riche, et sujette à études pour les amateurs : inventé par Louis Forton en 1908, il fut ensuite repris - entre autres - par Perré, Badert, Jicka et surtout Pellos. Récemment, j'ai vu en librairie une reprise d'un nouveau duo (Trap & Oiry) qui, au premier abord, ne m'a guère convaincu.

En compulsant les anciens numéros du Club des PN, je retrouve par exemple un superbe numéro consacré à Jean-Louis Pesch, dessinateur vedette de Sylvain & Sylvette, et la reprise un peu avortée qu'il avait faite de la série dans les années 70 (?).
Cela m'a rappelé que j'avais passé vers 1999 avec ma douce une journée chez Jean-Louis Pesch à Bor-et-Bar (Aveyron). il m'avait offert une demi-planche des PN dessinée par lui, totalement inédite me semble-t-il, que j'ai bêtement revendu sur eBay voilà 4 ou 5 ans pour un prix dérisoire.

Je suis très admiratif du travail d'amateurs comme François Coupez, qui passent un temps fou à faire ce patient travail d'historien de la bande dessinée, mais sur une "niche" particulière ce qui permet vraiment d'approfondir.
Du reste, il est récompensé car, quand Vents d'Ouest sort en 2008 un bel ouvrage-hommage, c'est à lui que l'on demande d'écrire les pages d'introduction. Ce n'est que mérité.
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mercredi, juin 16, 2010

Visite chez Beb-Deum


Beb-Deum est un de ces artistes qui n'a pas - à mon sens - le renom qu'il mérite dans le grand public. Et pourtant ... on est scotché par ses créations pour les couvertures de Télérama, XXI ou Les inrocks...sans oublier non plus son travail des années 80 notamment avec Dionnet.
Depuis qu'il travaille uniquement en numérique, il fait pour les amateurs et les collectionneurs de très impressionnants tirages Lambda sous diasec (pellicule brillante) montés sur un chassis aluminium. Quand je dis qu'ils sont impressionnants, c'est aussi par leur format : 80x100 par exemple, parfois plus. Il faut avoir de grands murs !
Il y a en général 3 versions originales et seulement 3, auquel l'artiste ajoute divers rehauts qui font de chaque pièce une oeuvre unique.

Samedi dernier, l'occasion m'était donnée de rencontrer Beb-Deum dans son atelier à Auvers-sur-Oise, juste à côté de la fameuse église immortalisée par Van Gogh. L'homme est affable, courtois, un peu timide. En regardant dans ses fardes, je suis tombé sur quelques petites merveilles, dont un projet d'affichette pour l'expo à la Galerie Suty qu'il m'a aimablement offert. Comme mon fils aîné était là, j'ai rappelé à Beb-Deum ce que je disais dans ce précédent article : les enfants sont comme aimantés par ses dessins, sentent qu'il retranscrit symboliquement l'époque avec une justesse peu commune. D'ailleurs, son ouvrage-somme FaceBox est un des seuls livres dans lequel mes enfants replongent très régulièrement à la maison... A son sourire, j'ai bien l'impression que je n'étais pas le premier à le lui dire.

Dans la prochaine vente aux enchères de prestige chez Millon, il y a ce visuel très réussi sur Lady Gaga, qui a été récemment une couverture des Inrocks. Et comme le dit très justement Jacques de Loustal dans le luxueux catalogue "Beb-Deum (...) a su garder l'identité de son univers et livre aujourd'hui des icônes époustouflantes pour décrire un monde moderne décalé avec un science de l'outil numérique qui laisse pantois".

A regarder : le site officiel, et une belle page reprenant des travaux marquants.
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jeudi, juin 03, 2010

1976 ... Arkhê ... et puis aussi quelques souvenirs personnels


Il est amusant de constater combien la bande dessinée, elle aussi, peut être représentative d'une époque. J'en prends pour témoin cette planche originale de Caza que j'ai récemment acquise.

Partie intégrante d'une histoire courte parue dans les premiers numéros de Métal Hurlant (1976) puis reprise dans le mythique album "Arkhê" (1982), cette planche originale très détaillée et de beau format est composée à l'encre de chine à l'aide d'un technique qu'on pourrait presque rapprocher du pointillisme. Au delà de la technique, elle évoque pour moi une époque psychédélique, une ambiance baba-cool où régnaient le délire, la transgression par certaines drogues, la libération des moeurs ...

1976, c'est justement un peu la fin de l'époque hippie, on se trouve à l'orée d'une période plus grave avec dès 1977 l'arrivée du mouvement punk, puis le deuxième choc pétrolier etc... En bande dessinée aussi, on va vers des choses plus sobres comme le retour à la ligne claire et l'émergence de talents comme Yves Chaland.

Pour moi aussi, 1976 est une année importante.
J'ai 14 ans et je pars l'été aux Etats-Unis car mon père a convenu de faire un échange avec une relation professionnelle qu'il a là-bas.
Aussi, il est prévu que je passe 3 semaines chez eux à Cleveland (Ohio), puis le fils de la famille Wherry viendra en France chez nous 3 semaines.

- La première partie se passe idéalement mais démarre par une grosse frayeur : arrivé seul à l'aéroport de New-York, j'ai 30 minutes pour trouver le papa de Steve car je dois prendre la correspondance avec lui. Or, je ne me souviens plus trop bien de son visage, ne l'ayant vu qu'une fois à Paris . De plus, à 14 ans, j'avais du mal à imaginer comment pouvait être l'aéroport de New York . Or, il s'avère que c'est grand, très grand ! Courant dans un dédale de couloirs, de halls, en tirant ma lourde valise, je panique, sue, et c'est finalement lui qui me reconnait in extremis. Nous attrapons la correspondance de justesse.
Arrivé pendant les fêtes du bicentenaire de la constitution américaine (1776-1976), je suis reçu avec gentillesse dans une vaste maison de Cleveland, avec piscine. Nous partons une grosse semaine faire un périple à Washington D.C. , en Virginie (dont quelques jours passés au luxueux Homestead),en Pennsylvanie, et puis retour en Ohio (excellents souvenirs du parc Cedar Point).

- Le séjour de Steve (15 ans) en France, par contre, s'est plutôt mal passé et je crois pouvoir dire avec le recul que nous y avions pas été pour grand chose. Il avait décidé d'être malotru, enfant gâté, bizarrement impoli à l'étranger alors que ses parents étaient si charmants. Il nous a mené la vie dure, refusant d'apprendre un seul mot de Français. A Paris, il nous a déclaré que les monuments n'étaient que des vieilles pierres sans intérêt. Il voulait éventuellement aller au restaurant, mais seulement au luxueux restaurant du 1er étage de la Tour Eiffel ce que mon père a évidemment refusé.
Ensuite, nous avions loué une jolie maison à Antibes, mais cela ne lui a pas convenu non plus.
Culinairement parlant, il n'aimait pas grand chose, mais il noyait par exemple les yaourts nature de ketchup (véridique). Ah oui, il avait flashé sur les mousses au chocolat ! Alors en fin de repas, il tapait sur la table en beuglant "MOUSSE, MOUSSE !" pour nous faire comprendre qu'il voulait sa mousse.
Nous avons dû écourter son séjour de quelques jours en achetant en catastrophe - et à nos frais - un billet d'avion pour le rapatrier chez lui plus tôt. Notre dernier échange a été pour dire que nous ne voulions surtout plus jamais nous revoir, et que c'était bien réciproque.

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vendredi, mai 21, 2010

Tintin et les coquillages



C'est la saison des ventes aux enchères qui redémarre dans la spécialité que je suis (bande dessinée), avec quasiment une vente chaque week-end : Artcurial, Coutau-Begarie, Banque Dessinée, Millon etc... et pour la première fois Piasa qui essaie de prendre le train en marche dans cette spécialité que l'on dit en plein essor.

De quoi se faire plaisir dans toutes les catégories de budget, bien que je déplore les frais élevés pris par les maisons de vente en sus des enchères (entre 20 et 25% en général). Depuis quelques années, ces frais plombent mes envies d'achat "coup de coeur", et je préfère souvent les transaction entre particuliers, ou auprès des galeries qui pratiquent des prix raisonnables (comme Petits Papiers ou Maghen).
Piasa a subtilement négocié son entrée en scène pour monter une vente consacrée à Hergé , en s'associant aux détenteurs des droits (Moulinsart, ex-Fondation Hergé). Belle opération qui a poussé quelques particuliers à y vendre leurs trésors, puisque directement vendables avec l'authentification de Moulinsart, ce qui est primordial.

Un des trésors principaux de la vente est un magnifique dessin à l'encre de chine, aquarelle et gouache sur papier à dessin, fait en 1947 pour son grand ami Edouard Cnapelinckx, passionné de coquillages. Moulinsart signale que jusqu'à ce jour, ce "Tintin et les coquillages" superbe était totalement inconnu de tous les spécialistes, et absent de tous les recensements.
Le rédacteur du catalogue se fait lyrique : "L'ensemble est particulièrement soigné et dégage une atmosphère à mi-chemin entre le rêve et la réalité. Mettant en scène les personnages vedettes de la série Tintin et Milou, cette réalisation aux accents surréalistes aurait pu être inspirée par René Magritte ou Salvador Dali. Comme chez ces deux grands peintres, on retrouve des objets surdimensionnés, en l'occurence des coquillages, et un décor naturel, une plage de sable fin et un bord de mer surmonté d'un ciel d'un bleu intense, plus proche du symbole que de l'authentique."

A signaler un détail insolite dans la réalisation : les légères ombres portées derrière les personnages, une fantaisie en contradiction totale avec le style de "la Ligne Claire" dont Hergé fut le plus célèbre représentant.

Visuel copyright Moulinsart sa 2010
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jeudi, mai 20, 2010

Fondation Cartier : Moebius Trans Forme

Après l'exposition Kitano dont on entend énormément parler dans les médias actuellement, je pense que la prochaine exposition de La Fondation Cartier va beaucoup m'intéresser !


Du 12 octobre 2010 au 13 février 2011, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente MOEBIUS-TRANSE-FORME, la première grande exposition à Paris jamais consacrée à l’œuvre de Jean Giraud, connu sous les pseudonymes de Gir et Mœbius. Icône incomparable de la bande dessinée, inventeur de formes extraordinaires, dessinateur génial, Mœbius est un artiste qui dépasse les limites traditionnelles de sa discipline. Cette exposition inédite s’organise autour du thème de la métamorphose, un motif majeur et omniprésent dans son œuvre. Avec leurs paysages et leurs personnages en perpétuelle transformation, ses dessins explorent les confins de l’inconscient et dévoilent un monde imaginaire et fantastique. À travers la métamorphose souvent brusque et inquiétante d’une figure, d’un décor, Mœbius révèle un monde où les apparences ne sont pas aussi stables qu’on pourrait le croire.

Octobre 2010 ! Parfois j'aimerais que le temps passe plus vite.
Le vieux génie est fatigué, mais j'ai le sentiment qu'il serait encore bien capable de surprendre...
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mardi, mai 18, 2010

Encore vert !


J'en ai rêvé ici, Glénat l'a fait !
Superbe idée que de réunir toutes les idées de Reiser sur l'écologie, avec ce bouquin qui regroupe planches connues et d'autres plus rares parce que non parues en album mais seulement dans des périodiques ... à l'époque dans Pilote, La Gueule Ouverte, Charlie Hebdo, Hara-Kiri, et le Nouvel Obs. Ces 200 pages se referment en se disant que ce type (mort il y a 27 ans déjà ) était vraiment un génie qui avait 50 ans d'avance sur son époque !
Ah ce Reiser pour qui je conserve une tendresse particulière, c'est lui qui m'a indirectement donné le virus de la "collectionnite".

Avec sa couverture souple, son format agréable 32x23, ses finitions assez chic (marque-page fixé, etc...) Glénat fait à peu près ce que fait Hoebeke ("Cabu et Paris", "Siné 60 ans de dessin" , "Hara-Kiri les belles images") et Vents d'Ouest ("Cabu reporter années 70", "Cabu reporter années 80"). Toutes ces collections a priori disparates vont s'harmoniser superbement dans nos bibliothèques d'amateurs.
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lundi, mai 10, 2010

Solé & les dinosaures du rock


Drôlatique cette couverture de Solé pour le dernier "Fluide Glacial", un spécial Stones apparemment.

Qui connait Jean Solé, finalement ? Dans le grand public, peu de gens, sauf si on dit que c'est lui par exemple qui a dessiné le fameux routard, et toutes ses déclinaisons.

Ou encore l'affiche du cultissime "Le Père Noël est une ordure".
Ses dessins fouillés, absurdes (à l'image d'un Edika) et même parfois hyperéalistes, on les retrouve depuis longtemps dans "Pilote", et dans "Fluide Glacial" dont il fut un des cofondateurs avec Gotlib.

Mon conseil si vous voulez en savoir plus sur Solé : offrez vous "Carnets Intimes" qui est une sorte de riche compilation de ce qu'il a fait en 40 ans de carrière.
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samedi, mai 08, 2010

David B, une après-midi tranquille


Passage ce samedi 8 mai (férié) par la librairie "Envie de lire" à Ivry-sur-Seine (94) pour l'après-midi conviviale organisée avec David B. (j'ai déjà parlé de cet auteur ici) : dédicace, petite exposition d'originaux....
Pas vraiment le genre de coin où je vais me balader le week-end mais il se trouve que je bosse à côté, donc je connais un peu cette librairie engagée, militante, altermondialiste qui a des bouquins de grande qualité sur tous les sujets.
Comme il n'y avait quasiment personne, ça m'a permis de faire dédicacer 2 livres que je n'avais pas, et de parler un peu avec David B., notamment du beau livre que je rêve de voir sortir depuis pas mal d'années : une intégrale "L'ascension du Haut-Mal".
Ils l'ont bien aux Etats-Unis ! Ce chef d'oeuvre du graphic-novel y est sorti sous le titre "Epileptic".
En France, il faut pour l'instant acheter les 6 tomes.

Mais attention, je ne voudrais pas d'une intégrale au rabais : il faut un livre en grand format (et non pas le format BD traditionnel), imprimé sur un beau papier (pas glacé), un peu comme l'intégrale "La guerre d'Alan" d'Emmanuel Guibert qui est - outre que c'est un chef d'oeuvre - un livre d'une rare beauté.
L'exemple à ne pas suivre serait l'intégrale "Persepolis" (Satrapi) qui - de par son petit format - ne conviendrait du tout à la saga racontée par David B. dans "l'Ascension du Haut Mal" (l'histoire de son frère épileptique) : les planches sont complexes, bavardes parfois, très travaillées, avec plein de détails. Ca ne ressortirait pas, alors que le graphisme de Satrapi est nettement plus simple.

Paradoxalement, David B. est aujourd'hui moins connu du grand public que Marjane Satrapi ("Persepolis"), mais c'est pourtant lui qui l'a formé quand elle est arrivée en France, et lui a donné envie de raconter son histoire en bande dessinée.

David B. est un auteur important, riche d'une immense culture sur tout ce qui touche les mythes les légendes, les rêves, l'introspection. Il possède en outre - par son audace graphique - une capacité à transcender ce médium riche qu'est le 9ème art, à lui inventer de nouvelles limites.
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dimanche, avril 25, 2010

Mon petit coin de Bretagne



Je ne sais pas vous mais moi, j'ai un coin sur notre bonne vieille planète où je me sens particulièrement bien, où j'aime me réfugier quand fatigue et lassitude m'assaillent.
Ce coin, c'est mon petit coin de Bretagne.

Je ne peux y aller aussi souvent que je le souhaiterais, hélas, entre 2 et 4 fois par an tout au plus. J'y suis arrivé hier, et je retrouve avec plaisir la petite déco de notre chambre.


De mon côté, quelques cadres avec des reproductions :
- un superbe poster de Gir-Moebius avec l'arrivée de Blueberry et ses acolytes dans la petite ville de Chihuahua. L'atmosphère de tombée de la nuit est merveilleusement bien rendue.
- sur un chevalet , la reproduction en grand format de la couverture de Tardi faite pour la mort de Franquin (janvier 1997)
- par terre, une affiche d'André Juillard pour le festival de Perros-Guirrec.

Sur la table de chevet, le bouquin de Kauffmann sur les Kerguelen a repris sa place (ceux qui me suivent comprendront).


De l'autre côté de la chambre, une bibliothèque que j'ai installée l'été dernier, et à côté de laquelle je viens d'installer - encadrée - une planche originale d'Adler (René Sterne) qui cotoie donc à quelques centimètres sa version de papier (dans l'Intégrale Adler). Quelle splendide première case avec cet hydravion très travaillé sur un lac de Malaisie !

Quand on ouvre le grand velux de la chambre, on prend une belle bouffée d'iode (la mer est à 1 km).
Dans un tel décor, l'esprit est en bonne condition pour la rêverie, la contemplation, la sérénité.
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mercredi, avril 21, 2010

Le Gall : toute une aventure


Ce grand dessin tout en longueur de Frank LE GALL pour sa série "Théodore poussin" (superbe série au demeurant, que je recommande ) me posait problème depuis pas mal d'années.


Achat il y a une douzaine d'années à Drouot dans une vente "Bulles à Drouot" qu'organisait Frédéric Bosser, et je ne suis pas mécontent d'avoir trouvé cette scène des audiences, très décorative, exotique, bien dans l'esprit de la série.

Première erreur : Je la laisse dans son cadre d'origine (bas-de-gamme) et dans une pièce baignée de soleil, alors que je m'aperçois sur le tard que la signature est au feutre. Si l'encre de chine ne craint pas grand chose, un feutre médiocre si ! Le feutre commence par jaunir puis disparait.

Deuxième erreur : après m'être aperçu de ma première erreur, au bout de 3 ou 4 ans, changer le dessin de pièce pour le mettre dans un endroit plus sombre (l'intention était bonne). Mais mettre le cadre bas-de-gamme sur un mur qui s'est révélé légèrement humide, alors que le dos de l'encadrement est un simple carton tenu avec des épinglettes, pas étanche.

Résultat : il y a 2 ans, je me suis aperçu que la papier était rongé par d'horribles rousseurs, des tâches, des champignons, le papier est "piqué", quoi !

Comment faire ?
L'idée de laisser l'oeuvre se dégrader ne me plaisait pas, car il parait que les champignons progressent et auraient fini par détériorer irrémédiablement ce dessin.
Alors, j'ai décidé de passer à l'attaque !

D'abord faire restaurer le papier par l'intermédiaire de Marie-Laure de Lapérouse, (ce n'est pas elle qui est intervenue mais elle connait des gens dans le métier). Beau boulot qui a quasiment enlevé toutes les tâches sans abîmer le dessin. Je ne sais pas exactement comment ils font, je crois qu'ils passent une lotion à l'arrière du papier qui aspire les champignons.
Ensuite, il s'est posé un autre problème : celui de la signature. Comme la restauratrice n'a pas voulu toucher à la signature (à dire vrai, je ne savais pas si j'aurais l'occasion de le faire resigner), le papier autour de la signature est resté piqué.


Vous pouvez voir ci-dessus l'état de la signature et des rousseurs du papier !

Comme la Galerie Petits Papiers organisait ces derniers jours une exposition Frank Le Gall, j'ai été au vernissage pour faire resigner Le Gall dans un autre endroit du dessin, ce qui a nécessité que j'ampute ce tout petit morceau à droite.
La signature a été faite cette fois ci avec un feutre indélébile de qualité, car cet auteur ne peut guère signer à l'encre de chine comme il me l'avait expliqué lors de nos correspondances : "la raison pour laquelle je signe rarement à la plume, c'est qu'elle et ma signature ne s'entendent pas. je ne peux pas signer vite, et ma plume s'arrête ou crachote dans tous les tournants de mes "L"..."

En revoyant le dessin, le Gall m'a dit qu'un des personnages à l'extrême gauche était un autoportait de l'époque ! Exactement comme Hergé qui se dessinait dans la foule de l'audience dans "Le Sceptre d'Ottokar"...


J'ai ensuite parachevé mon projet en réencadrant l'oeuvre dans un cadre Nielsen long, tout bête à Bricorama, avec un passe-partout taillé sur mesure. Je trouve que ça rend bien.


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mardi, février 23, 2010

Reiser, encore et toujours


Ca faisait bien 20 ans que je n'avais pas acheté "L'Echo des Savanes" !
De passage à la superette de La Toussuire où je passe une semaine de repos, c'est l'accroche "Ecologie d'hier et d'aujourd'hui : Daniel Cohn-Bendit rend hommage à Reiser" qui me pousse à racheter cette revue que j'ai beaucoup lu dans les années 80.

Avec un choix pertinent de planches sur l'écologie, Cohn-Bendit arrive à montrer - mais c'est assez évident - combien la plupart des situations imaginées par Reiser sont encore très actuelles. Comme le dit Dany, "C'est beaucoup plus subtil que ça en a l'air. Cette griffe continue de plaire. Si tu publies ces dessins sans mettre les dates, les jeunes de 20 ans vont continuer de trouver ça drôle. Reiser, c'est intemporel".
Cela me rappelle aussi un long article érudit (je crois que c'était dans le défunt magazine "Bang" il y a 5 ou 6 ans) où l'on montrait combien la vision de Reiser sur la Palestine était assez en avance sur son temps.
Rappelons à nos jeunes lecteurs que Reiser est mort en 1983.
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vendredi, février 12, 2010

André Juillard à Versailles


Je l'attendais, elle est arrivée ! La très belle exposition André Juillard à l'Hôtel de Ville de Versailles. Une courte rétrospective pourrait-on dire, qui reprend de très belles pièces des 25 dernières années , des "7 Vies de l'Epervier" à "Blake et Mortimer" en passant par "Le cahier bleu", "Lena" et "Plume aux vents".
J'ai mis quelques photos ici, désolé certaines sont un peu ratées.

Merci à BeDeo, qui offre 3 intéressantes interviews vidéos d'André sur l'aventure Blake et Mortimer, les secrets de fabrication d'une planche dans la méthode traditionnelle (n/b + bleus de coloriage), ainsi que les futurs projets. Dépéchez-vous, cela ne dure que jusqu'au 19 février !
Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, voici la lettre gratuite administrée par Franck Faugère : Juillard Echo (vieux souvenir) qui reparait après quasiment 4 ans d'interruption.
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dimanche, janvier 31, 2010

Visite au Musée Hergé


Brève escapade à Bruxelles ce vendredi, histoire de saluer des amis bruxellois et surtout de voir enfin le Musée Hergé, récemment établi à Louvain-la-Neuve. J'ai regretté que l'endroit soit vraiment excentré dans une sorte de ville-nouvelle tristounette à une bonne trentaine de km de la capitale. Cette localisation m'a d'ailleurs incité à venir en voiture ... disons que j'aurais pu me débrouiller en train (Paris-Bruxelles 1h22 en Thalys), mais la balance a finalement penché du côté "voiture" à cause de la galère dont un ami m'avais parlé pour aller à LLN.

Malgré quelques imperfections, j'ai beaucoup aimé le Musée, ainsi que l'exposition temporaire consacrée à Tchang dont j'avais entendu parler sur Actuabd et que je voulais voir avant sa fermeture mi-février. Pour un collectionneur d'originaux comme moi, c'est à la fois une forme de souffrance que de contempler tous ces graals potentiels (et qui resteront du domaine du rêve), mais aussi une incroyable satisfaction d'être au coeur du travail de création de l'artiste. Un travail parfois ingrat fait de remontages, repentirs et autres rustines que tous les amateurs de planches originales connaissent bien.


Il faut savoir qu'en raison de la fragilité des oeuvres sur papier, l'ensemble des oeuvres change tous les 4 mois, et tourne sur un an. On ne voit donc en permanence qu'un tiers du fond. Aussi, si je vais revoir dans quelques années, je pourrais peut-être voir de toutes autres pièces ...

J'ai croisé peu de visiteurs dans le musée, mais j'ai remarqué plusieurs amateurs parlant anglais. Il se dit que les films signés Spielberg/Jackson (sortie prévue fin 2011) risquent de donner une importante notoriété au personnage de Tintin dans le monde anglo-saxon, ce qui n'a pas vraiment été le cas jusqu'à présent.
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mardi, janvier 26, 2010

Le courage d'un changement de cap


Oui, comme je le disais ici, les réseaux sociaux sont utiles !

Stupeur l'autre matin lorsque je me connecte à mon compte Linkedin : un ami qui était consultant avant-ventes chez un gros acteur du logiciel informatique a changé brusquement son statut pour s'afficher "Libraire spécialisé bande dessinée". Que s'est-il passé ?

Après avoir repris contact, nous avons déjeuné ensemble aujourd'hui pour parler de son projet.
D'abord, il a eu une occasion de partir d'un grand groupe lors d'une "charrette" à des conditions qui ne se refusent pas, surtout quand on a envie de vivre plus pleinement sa passion.
Ensuite, dans le fil de la conversation, nous parlons de sa recherche fructueuse d'un pas-de-porte commercial sur Paris (trouvé aux Batignolles), du budget "travaux" (lourd), ou encore de la nécessité d'embaucher quelqu'un pour être deux dans le magasin ("sinon comment je fais pour aller faire pipi ?").

De la création d'une structure juridique à l'accueil du premier client, un tel projet représente des centaines de micro-tâches toutes interdépendantes (l'une ne peut commencer que quand l'autre est finie , etc...) qui nécessiteraient dans l'idéal d'être gérées comme un projet : diagramme des tâches, positionnement de jalons, recalcul de l'ensemble en cas de dérive.

L'ouverture est prévue en septembre 2010. J'en reparlerai sûrement à cette époque, car quelque chose me dit que les livres de Dupuy-Berberian ou Cosey seront particulièrement mis à l'honneur, en accord avec les goûts du patron.
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jeudi, janvier 14, 2010

Koechlin ou la genèse d'un vieux souvenir


Lorsque j'ai reçu cette belle invitation pour la prochaine exposition de l'illustrateur Lionel Koechlin, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à un vieux souvenir qui remonte à mars 1980.

A cette époque, je ne connais pas Koechlin, je viens de fêter mes 18 ans et suis en classes préparatoires (math'sup). Fanatique du groupe Genesis, j'attend impatiemment leur nouvel album "Duke". Quand je l'achète le jour de sa sortie, en vinyl bien sûr, je suis surpris par cette pochette étrange, dont je trouve qu'elle ressemble un peu à du Folon. Je lis en petit derrière la pochette qu'il s'agit d'un dessin d'un certain Koechlin.

Mais là n'est pas le plus important, et j'ai un gros problème : je n'ai quelques heures pour l'écouter car ce sont les vacances de Pâques qui démarrent et pour gagner de l'argent de poche, je pars accompagner des enfants comme moniteur de colonie de vacances (et de ski). Alors, j'écoute l'album en boucle, 10 fois, 15 fois, et à regret, je m'en vais retrouver, avec une certaine anxiété, le groupe d'enfants dans un car stationné devant le Château de Versailles (j'apprendrai plus tard qu'il s'agit du Comité d'Entreprise de l'Aérospatiale aux Mureaux).
Du coup, pendant ces vacances, je réécoute le disque dans ma tête, imprégné de mes passages à haute dose, impatient de le retrouver à maison avec son étrange pochette.

L'année dernière, j'ai pris contact avec Lionel Koechlin (j'ai repensé à lui en voyant son nom sur le site LeCrayon), et lui ai demandé si par hasard il avait toujours cet original fait pour l'album de Genesis. Il m'a indiqué que l'original lui avait été volé chez l'imprimeur...
Un "incident" hélas bien courant dans ce milieu, où des indélicats s'arrangent pour ne pas renvoyer leurs originaux aux auteurs. Et bien sûr, on revoit parfois - discrètement - des choses sur le marché quelques années après.
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vendredi, janvier 08, 2010

Vivement février !


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